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Publié par Sylvie

Chronique rédigée par Sylvie Langlois

Qui n’a pas entendu parler de cette fameuse « Femme à la fenêtre » d’A.J.Finn, pseudonyme de « Daniel Mallory ». Avec tout le battage médiatique, il a fait une entrée fulgurante dans le monde du thriller, un succès qui fracasse les ventes en librairie et la « Fox » est déjà en train de l’adapter au cinéma.

Parlant de la  « Fox », quand est-il au juste de cette Anna Fox, cette chère héroïne qui tue le temps devant sa fenêtre. Anna, est agoraphobe, elle vit cloîtrée chez elle depuis 11 mois, séparée de son mari et de sa fille, elle ne les voit jamais, imbibée de merlot et anesthésiée d’antidépresseurs. Sa vie est un long fleuve tranquille pour ne pas dire d’une monotonie empoisonnante. Seule distraction pour briser cet encroûtement, quelques parties d’échecs en ligne, le visionnement de quelques bons vieux classiques en noir et blanc, et surtout son poste d’observation à la fenêtre pour scruter la vie de ses voisins en détail et en réel time.

Son attention sera portée vers la maison des Russell, de nouveaux arrivants dans le quartier. Voilà qu’un jour, en direct de la fenêtre de ses voisins et au travers sa brume éthylique Anna est témoin d’un meurtre. Sous ses yeux, on assassine Jane Russell, sa voisine.

Elle a tout vu, sauf le meurtrier bien sur, mais Anna a sa petite idée sur le coupable. Elle ramera fort pour faire croire à cette histoire, parce que tous autour d’elle contestent sa version des faits. Faut-il la croire pour autant ?

C’est ici que déboule le récit. Les 180 premières pages sont comme la vie d’Anna, un peu longuette. Certains passages trop longs auraient pu être élagués. Au moment du soi-disant meurtre, l’histoire débutera vraiment et se couvrira d’un voile de brouillard. Les rebondissements et les révélations s’enchaîneront jusqu’à la finale inattendue. Le discernement du lecteur deviendra aussi confus que celui de notre protagoniste embué dans les vapeurs d’alcool.

L’auteur avoue s’être inspiré du film d’Alfred Hitchcock « Fenêtre sur cour » pour l’écriture de son roman. Un hommage aux films noirs du cinéaste et autres films de cette époque florissante du cinéma hollywoodien. Mais là, ne s’arrête pas l’analogie !

 La trame du roman est en fait l’amalgame des films qu’Anna écoute tout au long du récit. Les indices sont tous là ; dans le scénario de chacun de ces classiques. Étant moi-même cinéphile, Sueurs froides, d’Hitchcock demeure encore à ce jour un de mes films fétiche, j’ai vu et revu plus d’une fois tous les films mentionnés, ce qui a allumé une petite lanterne lors de la lecture. Je me suis donc amusé à déceler les parallèles.

Notre héroïne Anna Fox, la « 20th Century Fox » (société cinématographique emblématique), est témoin du meurtre de sa voisine, Jane Russell, homonyme d’une actrice américaine, surtout connu pour son rôle de « Dorothy Shaw » au côté de « Marilyn Monroe » dans le film ; « Les hommes préfèrent les blondes. »  (Howard Hawks, 1953). Lors de la scène du procès, l’histoire amène Dorothy à prendre l’identité de son amie Lorelei Lee pour cette séquence.

Quand est-il des films chouchous d’Anna :

  • Hantise : (Georges Cuker, 1944) dans ce scénario, le personnage principal Paula, revient habiter dans la maison où sa tante fut étranglée. Son mariage bas de l’aile et son mari l’accuse de perdre la tête. Il l’empêche par quelques stratagèmes de voir du monde et envisage de la faire interner. Paula en viendra à douter elle-même de sa santé mentale.

 

  • Rebecca (Alfred Hitchcock, 1940). Dans le manoir de Manderley, l’esprit de l’ancienne madame de Winter hante le domaine et ses habitants.

 

  • La maison du Docteur Edwardes (Alfred Hitchcock, 1945). Anthony Edwardes, devenu le nouveau directeur d’un établissement psychiatrique s’avère être un amnésique soupçonné d’avoir fait disparaître le véritable Dr Edwardes.

 

  • Sueurs froides (Alfred Hitchcock, 1958) James Stewart interprète merveilleusement ce détective ayant quitté son métier de policier, angoissé par son infirmité (acrophobe) et Kim Novak est superbe tantôt en femme du monde, tantôt en garce vulgaire. Le jeu de la double identité de ses deux blondes énigmatiques est ici bien livré.

 

  • Et sans oublier ; L’ombre d’un doute (Alfred Hitchcock, 1943) où la jeune Charlie Oakley suspecte son oncle, qui porte le même prénom qu’elle d’être un tueur de riches veuves.

 

Tous les ingrédients sont ici rassemblés, une pincée du suspense de celui-ci, on ajoute une bonne part de l’intrigue de celui-là, et on saupoudre d’un peu de mystère de ce dernier. Voilà, on a concocté un bon huis clos étouffant « La corde » (Alfred Hitchcock, 1948.)

 

Est-ce que j’ai aimé ? Je vous dirai oui. Mis à part le début qui m’a semblé un peu long comme mentionné plus haut, il s’avère tout de même que c’est un thriller efficace de par son contenu et son intrigue. On à toute envie de connaître le fin mot de l’histoire, Anna a-t-elle oui ou non vu sa voisine de faire poignarder ? La réside tout le mystère.... Alors, allez-y, lisez-le ! Amusez-vous avec les indices.

 

Qui sait peut-être que suite à sa lecture, vous aurez envie de visionner un bon vieux classique de Hitch, le maître du suspense.

 

« Ce n’est pas un rêve, c’est vraiment ce qui se passe. »

 

Réplique de Mia Farrow dans « Un bébé pour Rosemary » (Roman Polanski, 1968)

 

La femme à la fenêtre

A.J.Finn

Les presses de la cité

2018

528 pages

 

 

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