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Publié par Sylvie

Depuis la parution et l’engouement du roman de Gillian Flynn, Les apparences, les romans noirs domestiques se multiplient, et un lectorat de plus en plus nombreux en raffole.

Le couple d’à côté de la Canadienne Shari Lapena, a rejoint ce mouvement littéraire et ne fait pas exception à la règle. Une intrigue qui se déroule en huis clos chez un couple de banlieusards en apparence bien normale, mais dont les tiroirs regorgent de non-dits et de secrets. Personnages côtoyant des troubles de comportement, relations toxiques, voisins qui manigancent dans les coulisses, secret conjugal. Voilà, pour les ingrédients, tout est mis en place pour nous concocter une petite intrigue tordue.

Anne et Marco Conti sont invités pour un dîner chez leur voisin qui partage leur maison mitoyenne. À la dernière minute, la gardienne d’enfants leur fait faux bond, une urgence empêche cette dernière de s’y rendre. Marco propose à Anne d’accepter tout de même l’invitation, et d’apporter avec eux le moniteur de surveillance parentale. En effectuant des allers-retours toutes les demi-heures pour vérifier que leur petite fille de 6 mois dort paisiblement et que tout est sous contrôle, il n’y a aucun souci à se faire. Anne est réticente. Mais quelle mère oserait laisser un bébé toute seule et sans surveillance ? Marco finit par apaiser les doutes et les réticences d’Anne, après tout ils ne sont qu’à quelques mètres, pas beaucoup plus loin qu’il le serait dans une grande résidence ! Ils décident d’un commun accord de se rendre au dîner.

La soirée bien arrosée terminée, à leur retour à la maison, il remarque que la porte de devant est entrouverte. Ils étaient pourtant bien sûr de l’avoir bien fermée. Anne court vers la chambre de sa fille, le berceau est vide, la petite s’est volatilisée ! Que s’est-il passé ? Qui pouvait savoir que la petite Cora était sans surveillance ce soir-là ? Pourquoi les parents n’ont détecté aucun son anormal provenant du moniteur ? La police est vite dépêchée sur les lieux. Le jeune couple est dans la mire de l’inspecteur Rasbach qui mènera l’enquête. Ils seront vite suspectés. Leurs faits et gestes, leurs vies passées et présentes seront scrutés à la loupe. L’enquête va mettre l’accent sur les parents et leur entourage immédiat.

Le roman explore en profondeur le désarroi des parents et dépeint bien l’angoisse qui les assaille, face à la disparition de leur nourrisson. L’amour qu’il porte à leur fille est indéniable. Le flot d’émotions qui traverse Anne la mère, qui est suivie pour une dépression post-partum est palpable. Quelques flash-back dans son passé psychiatrique sèment le doute autant dans l’esprit de l’enquêteur que dans celui du lecteur. Son équilibre mental instable affecte son raisonnement, parfois sujette à des black-out, elle en vient à douter d’elle même. Et si tout était arrivé par sa faute lors de l’un de ses passages à vide ? Tout ceci, bien sûr, pour embrouiller les pistes, recette infaillible dans ce genre de thriller.

Le déroulement de l’intrigue diffère dans sa construction, à la moitié du récit, nous découvrons l’identité de l’auteur de l’enlèvement. Quelques indices semés ici et l’a nous laisse entrevoir qui se cache derrière le coupable. Cette confession n’est pas pour autant le fin mot de l’histoire. Comme dans tout bon film d’horreur où le suspense est à son comble, une main sort de nulle part pour nous faire sursauter. Elle nous laisse entrevoir que la pointe de l’iceberg. Le kidnappeur nous orientera vers d’autres ramifications, jusqu’au dénouement.

Pour un premier roman noir, c’est dans l’ensemble assez bien réussi. L’auteur maîtrise bien la recette pour nous inciter à tourner les pages. Une écriture simple sans fioritures, du suspense, des découvertes et des rebondissements à chaque chapitre. Certes, le roman ne révolutionne pas le genre, mais demeure un bon divertissement.

À lire pour ceux qui aiment les intrigues à tiroirs sans trop se casser le pompon !

 

Bonne lecture !

 

Le couple d’à côté.

Shari Lapena

Presses de la cité.                   

2017

251 pages  

 

Merci à NetGalley et aux éditions Presses de la cité de m’avoir donné l’opportunité de lire ce roman.

Cette chronique a été rédigé par Sylvie Langlois, collaboratrice à Polar, noir et blanc.

 

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 23/01/2018 13:03

Il m'avait déçu par son côté un peu léger.

Richard 23/01/2018 16:45

Ça semble être le cas pour Sylvie, aussi !