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Publié par Richard

Depuis quelques années. je lis avec beaucoup de plaisir les romans d’Elena Piacentini, malgré le fait que ses premiers romans n’étaient pas distribués au Québec. Privilège de blogueur, semble-t-il. Ou d’amitié.

 

Ses personnages, en commençant par l’excellent commissaire Pierre-Arsène Leoni sont tous des êtres attachants, comme dans une famille …sans histoire ! Même sa grand-mère, la bonne et inimitable mémé Angèle nous charme par son humour, son sens de la répartie et sa cuisine.

 

Mais surtout, tout lecteur de cette auteure corse vivant à Lille, vous dira la beauté de de son écriture, sa poésie et ses images qui vous frappent l’imaginaire en plein front. Elena Piacentini sait écrire, très bien écrire, avec une plume de poète romancière.

 

Dans « Comme de longs échos », l’auteure délaisse (momentanément, j’espère …) ses personnages habituels pour nous présenter une nouvelle équipe d’enquêteurs lillois. Albert Lazaret, le commandant, à un an de sa retraite, vit ses derniers moments professionnels. Il prépare son adjointe à une éventuelle succession, un peu comme un père prépare son enfant à la vraie vie. Protecteur, affectueux mais encore capable de mener une affaire.

 

Mathilde Sénéchal, c’est l’adjointe. Un caractère fort, un passé qui semble lourd à porter et des relations assez difficiles. Comme le dit une des flics, « À côté d’elle, Poutine, c’est un comique. ». Elle est déjà, dans ce premier roman, un personnage fort, complexe que nous lecteurs, auront beaucoup de plaisirs à découvrir au fil de ses prochaines enquêtes.

 

« Comme de longs échos » commence sur les chapeaux de roue, à toute vitesse. Vincent Dussart retourne voir sa femme qui lui a réclamé une pause de sa vie de couple. Il revient, sans la consulter, avec deux billets pour un voyage à Londres. Il entre dans la maison et y découvre l’horreur. Sa femme assassinée, le sang partout et son fils, disparu. L’enquête sera difficile, chacun des flics devra aussi gérer ses propres démons.

 

Et on entre de plain-pied dans une des principales qualités d’Elena Piacentini, la construction de personnages crédibles, complexes, voués à la tâche qui les attend mais hantés par les démons du passé ou par leurs faiblesses du présent. Ses personnages de policiers sont magnifiquement vivants, humains, désarmés devant leur propre vie mais désarmants dans leur travail de flics.

 

Sans oublier l’enquête bien ficelée, des chapitres courts, des rebondissements fréquents et des chapitres énigmatiques intitulés « Lui » et « Elle ».  Finalement, la présence d’un ancien flic, Pierre Orsalhièr, celui qui a vécu le même genre d’enquête et qui vient jeter sa pierre dans la mare. Et une finale, à la mesure du fait divers qui a inspiré ce roman.

 

Mathilde Sénéchal possède encore des zones d’ombre que nous découvrirons surement dans ses prochaines enquêtes. Lazaret, son patron la protègera sûrement d’elle-même. Et j’entrevois de belles choses dans sa relation avec sa petite voisine, Adèle, une jeune capable de la ramener sur terre.

 

Cette première enquête de Mathilde Sénéchal est pleine de promesses. Avec un peu de crainte au départ, de peur de s’ennuyer de Leoni, on apprend qu’on n’a pas perdu un commissaire mais on a gagné une nouvelle enquêtrice qui saura combler nos attentes. Et une chose est certaine, Elena Piacentini conserve toute sa verve, son imagination et sa poésie.

 

Finalement, je dois vous mentionner que « Comme de longs échos » commence à faire sa marque dans le monde littéraire. Après avoir été choisi comme le meilleur polar français de la rentrée par la revue Transfuge, ce roman a été choisi parmi le palmarès des 25 livres de l’année par le magazine Le Point. Voici d’ailleurs un extrait du commentaire présentant cette sélection :

 

"Bref, de signer, en amoureuse des mots, un suspense labyrinthique et hypnotique qui annonce Piacentini comme la nouvelle voix à suivre du polar hexagonal."

 

 

À lire et à découvrir !

 

Quelques extraits :

 

« La pression, c’est bien connu, est un phénomène qui s’exerce du haut vers le bas. »

 

« Les cœurs anorexiques se nourrissent de miettes. »

 

« L’air, saturé d’eau, charrie un pot-pourri dont les notes de tête mentholées lui écorchent les sens et affolent des souvenirs fragmentés. La vision de l’enquêtrice se trouble, son centre de gravité est aspiré dans la houle interne qui lui bringuebale l’estomac. »

 

 

Bonne lecture !

 

 

 

Comme de longs échos

Elena Piacentini

Fleuve noir

2017

286 pages

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