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Publié par Richard

"La bataille de Pavie" d'André Jacques

Il y a des auteurs que l’on suit avec intérêt et beaucoup de plaisir, à chaque rencontre. Parmi ceux-là, certains ressortent plus particulièrement, parce qu’on peut les confondre avec leur personnage principal. En d’autres mots, est-ce que j’aime l’auteur André Jacques à cause d’Alexandre Jobin ou est-ce que j’aime Alexandre Jobin (remarquez les initiales… !) parce que j’aime André Jacques ? Comme pour tous les mystères, vaut mieux y croire sans trouver la bonne réponse. S’il y en a une, évidemment !

Alors, versons-nous un verre de scotch (un Glenfiddich 30 ans ou un Ballantine’s 20 ans ?) et commençons cette chronique, en ouvrant "La bataille de Pavie".

Alexandre Jobin vieillit ! Comme nous tous. Sa belle Chrysanthy est partie. Quand il sort de chez le médecin, il anticipe le pire. Des taches suspectes, un taux anormal de… des mots qui nous amènent inéluctablement vers d’autres maux : cancer, chimiothérapie et… mort. Il faudrait passer des tests, prendre rendez-vous et attendre les résultats. Angoissant ! Dérangeant ! Pas pour Alexandre Jobin.

Heureusement, on lui propose un contrat pour aller en Italie, chercher une expertise sur une œuvre qui pourrait avoir une valeur considérable. Puis, quelques jours plus tard, une ancienne maîtresse lui demande de secourir sa fille, Pavie, qui court un grand danger à Palerme.

Les enquêtes débutent à 300 à l’heure dans une course effrénée entre Montréal, Nice, Rome et Marseille. Alexandre se consacre à ses enquêtes pour oublier que son corps pourrait le lâcher, le laisser sans vie.

Mais la recherche de Pavie lui apporte d’autres surprises. Cette jeune femme, pleine de ressources, se révèle être une tueuse professionnelle, froide, calculatrice et franchement terrifiante. Que cache-t-elle derrière cette façade impénétrable ?

L’histoire est intéressante, passionnante. Comme à son habitude, André Jacques nous guide dans le monde complexe du milieu des arts et nous fait voyager, au gré des pérégrinations de son antiquaire. Le récit a du rythme, les dialogues sont percutants et le sens de l’humour vient souvent alléger une atmosphère parfois lourde.

Et ce qui ne gâche rien, l’écriture d’André Jacques est fluide, limpide et sert parfaitement l’histoire, et ce dans un style recherché, sans être ampoulée. À certains endroits, on y ressent même une écriture plus hachurée que dans ses précédents romans, qui donne parfois au récit une cadence endiablée. Il semblerait qu’une autre corde vient de s’ajouter à l’arc, déjà bien garni, d’André Jacques. Action, rythme, sensibilité artistique, personnages attachants, écriture soignée et intrigue soutenue, voilà ce que l’on retrouve entre les couvertures d’un roman de cet auteur. Plaisirs simples de lecteurs !

Alors, amateurs et amatrices de romans policiers, lancez-vous vers ce dernier roman d’André Jacques ; vous y vivrez de très bons moments de lecture et serez charmés par l’écriture de l’auteur.

Et comme lecteur, je me permets un souhait… J’espère que « La bataille de Pavie » ne sera pas la dernière enquête d’Alexandre Jobin, mais que ce roman soit le début d’une nouvelle série où nous pourrions suivre les aventures de Pavie. Quand on a créé un si beau personnage, on ne peut pas le laisser crier comme un loup dans une forêt des Cantons-de-l’Est, surtout quand cette forêt se situe à Knowlton ! (Un petit clin d’oeil pour les lecteurs, à la fin du roman.)

Quelques extraits :

« Raté, pauvres cons ! On vous a mal briefés. Et vous ne connaissiez pas encore Pavie. La grande Pavie. Quant à toi, le petit motard, le gino, fais de beaux rêves. Tu ne savais pas… »

« Comme si un froid glacial l’avait transpercé. Muscles raidis, tension dans la nuque. Il connaissait les symptômes et en savait la cause : presque vingt heures sans alcool. Le sevrage. La bête tapie en ses tréfonds lui déchirait les entrailles. »

Et pour terminer, la très belle phrase : « Et ainsi chaque jour, à chaque instant, des pièces changent de position, créant de nouveaux équilibres instables. »

Bonne lecture !

La bataille de Pavie

André Jacques

Druide

2015

436 pages

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Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 12/11/2015 14:45

Nous espérons donc que ton vœux soit exhaussé.

Richard 12/11/2015 17:13

J'espère bien ! Bonne journée, Alex !