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Publié par Richard

Sur ses gardes

« Sur ses gardes » est le deuxième roman de Stéphane Ledien mais le premier de la trilogie "Les phalanges d’Eddy Barcot" , édité par la collection À l’étage noir de La Courte Échelle. Et pour moi, cet auteur sera à suivre !

Malgré une première impression négative, attribuable en majeure partie à l’affreuse page couverture où tout semble brouillé, la lecture de cette première aventure d’un boxeur à la retraite, recyclé en agent de sécurité est très agréable. Ce personnage nous offre une petite pause du policier paumé, alcoolique, ayant des troubles familiaux et rouspétant contre sa hiérarchie. Eddy Barcot est intelligent, humain, cultivé ; il aime lire et anime un ciné-club dans son quartier. Pas nécessairement le portrait que l’on se fait d’un ange du ring.

Menant une vie pépère, il reçoit un matin sa meilleure amie Malika qui lui annonce que son frère (un peu beaucoup délinquant) a disparu. Barcot est leur unique « famille » et son seul recours. Malgré lui, il se lance à la recherche du jeune homme et se retrouve dans un panier de crabes assez bien rempli : le silence des jeunes du secteur, un cadavre avec les papiers du petit frère et quelques indices qui orientent son enquête vers le milieu de l’islamisme radical.

Malgré un début un peu lent, le lecteur patient se fera happer par l’histoire, les nombreux rebondissements et surtout, l’écriture et le style de Stéphane Ledien. Des dialogues savoureux, des phrases bien tournées et un humour ravageur enrichissent le récit et nous promettent des lendemains littéraires qui devraient nous étonner et nous plaire.

Même si l’ensemble du roman m’a beaucoup plu et que je vous le recommande comme une excellente lecture d’été, j’ai noté deux ou trois points négatifs qui m’ont agacé: l’allusion aux problèmes d’agressions sexuelles de DSK alors que le roman se passe en 1999 ; quelques notes de bas de page me semblaient inutiles (comme celle qui nous donne la signification de « beurs » dans « black, blancs, beurs », surtout que cette définition se révèle erronée, au quotidien.)

Mais n’accordez pas trop d’importance à ces petites maladresses, laissez vous aller à suivre les aventures de ce boxeur pas ordinaire. Avant la sonnerie du dernier round, voici quelques trouvailles qui m’ont particulièrement plu:

En parlant du métro : « … ce convoi de condamnés à l’indifférence. »

« Ah », fais-je en imitant un politicien du Front national à qui son cuisinier présenterait, quelle outrecuidance, un tajine de mouton à la marocaine. »

« À côté de ses grognements, les répliques de Mike Tyson passent pour des conversations de salon littéraire. »

« Nous gelions tout en marchant, encore que je brûlais d’impatience. »

Bonne lecture !

Sur ses gardes

Les phalanges d’Eddy Barcot

Stéphane Ledien

À l’étage noir

2015

278 pages

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A
Je n'aime pas la boxe, mais je pourrai bien faire un effort.
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R
Ça ne parle pas beaucoup de boxe dans ce roman !<br /> Tu peux y aller sans crainte !