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Publié par Richard

"L'encre mauve" de Florence Meney

« L’encre mauve » est le troisième roman de Florence Meney. Je vous le dis dès le départ, je ne serai pas très objectif dans cette chronique ; elle est subjective, biaisée, teintée par mon amitié pour Florence et aussi, connotée par le fait que j’ai eu l’honneur de lire son manuscrit et d’y faire quelques commentaires. Alors, amateurs d’intégrité littéraire, passez votre chemin et allez consulter la critique d’un professionnel, dans le Journal de Montréal !

Maintenant que nous sommes entre nous, je vous le dis, vous allez adorer ce troisième polar de Florence Meney. Toujours en conservant une écriture imagée et riche en traits d’esprit, l’auteure nous présente un récit complexe et haletant. Le roman nous plonge au cœur d’une représentation horrible du Mal prenant vie dans un nouveau personnage terrifiant.

Foudroyé par une crise cardiaque, Aurélien Laflèche, vénérable éditeur, meurt en pleine réunion. Sa mort provoque des changements énormes dans la maison d’édition : son fils hérite de la boîte et commence à lui donner ses propres couleurs … que les employés trouvent criardes et agressantes. Laura (personnage déjà rencontré dans le roman précédent), responsable de l’édition des livres pour adultes, vit difficilement ces changements. De plus, son mari, Bernard Sterling, vit quelques difficultés professionnelles qui affectent leur vie de couple.

Au sortir des funérailles de son patron, Laura est abordé par un homme imposant, au port altier et à la superbe frappante qui, sans autre présentation, demande à la rencontrer. Ce personnage se révèle être le juge Antoine Larivière qui présidera son dernier procès avant la retraite, un procès pour meurtres très médiatisé : un policier est accusé d’avoir tué sa femme et ses deux adolescentes.

Le juge demande à Laura de remplacer son vieil ami décédé et de l’accompagner dans son processus de création littéraire. Projet de retraite, il veut publier un roman et ne veut pas attendre la fin du procès pour s’y consacrer. Mais compte tenu du procès qui fait les manchettes, il exige de Laura que tout ce travail reste confidentiel.

Ballotée dans cette tempête médiatique causée par les meurtres crapuleux et l’enquête de la Brigade des crimes majeurs, la préparation d’un procès qui soulève des passions, les questionnements sur la non-responsabilité criminelle et les changements de mentalité imposés par le jeune Jean-Sébastien dans la maison d’édition de son père, Laura se met à lire cet étrange manuscrit écrit à l’encre mauve. Mauve comme dans la mort qui rôde, mauve comme la couleur du Carême qui précède le Vendredi Saint où la mise à mort du condamné est irréversible et inéluctable.

En plus d’être un très bon polar et un thriller psychologique haletant, « L’encre mauve » est une porte ouverte sur les salles de rédaction et les couloirs des palais de Justice, grâce au passé de journaliste de Florence Meney Enfin, ce qui en fait aussi un excellent roman policier, c’est le plaisir éprouvé à suivre le travail de l’enquêteur Philippe Lécuyer et ses tentatives d’impliquer son patron, Dupin, à renouer avec l’action. Il faut dire que son patron souffre de dépression, liée à la peur de vieillir. Et personnellement, je me régale du mauvais caractère de ce Dupin !

Cependant, ce qui caractérise le plus ce roman de Florence Meney, c’est la qualité de sa plume, la richesse de son style et son écriture fluide. Un double plaisir nous habite : lire une bonne histoire juste assez complexe pour nous apporter un grand plaisir de lire sans négliger un aspect important, la beauté d’une phrase bien écrite et l’émotion créée par une belle image, une comparaison qui vibre.

Florence Meney fait maintenant partie intégrante du paysage romanesque québécois. Amis lecteurs, allez à sa rencontre !

Quelques extraits :

« Si la bête te ronge, araignée ou scorpion, ton pied l'écrasera. »

« En quelques courtes heures, la dépouille encore tiède de feu Aurélien Laflèche avait été engagée dans le mécanisme bien huilé par lequel les humains se débarrassent des morts et les font passer de la surface du sol à l’humus gras déjà de millions d’organismes, prenant ainsi le plus rapidement possible leurs distances par rapport à la preuve flagrante de l’inexorable fin. »

« Le soleil rasait l’horizon, sa clarté incandescente enflammait la neige sans réchauffer l’atmosphère. Il fallait rentrer. Elle accéléra la cadence, s’hypnotisant dans les mouvements de ses skis. À ses oreilles, leur sifflement léger battait, en trois temps, la mesure. Celle d’une phrase qui semblait s’adresser à elle seule. »

« Un rayon de soleil radieux descendait à l’oblique du sommet de la nef pour aller caresser la joue de la statue de saint Matthieu. »

Bonne lecture !

L’encre mauve

Florence Meney

Éditions Druide

2015

352 pages

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K
J'adore ces critiques totalement biaisées!
Mais tu me donnes une envie folle de découvrir ce roman!
Ce sera probablement mon achat du salon de Québec. Yep, jai droit à un! Tu y seras, à ce salon?
Répondre
F
Merci Karine!!!
R
Merci Karine ! Moi, j'adore les écrire, ces critiques biaisées !!!
Malheureusement, je ne serai pas à Québec ... mais l,an prochain, j'y serai avec mon 2e recueil !!
Au plaisir de t'y rencontrer !