Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Richard

"Le fils emprunté": la 3e enquête de Jérôme Marceau

«Le fils emprunté» est la troisième enquête de Jérôme Marceau, ce flic montréalais atypique, métis et handicapé. Jacques Savoie nous présente son héros sous un nouveau jour: à la suite du suicide de sa patronne, Marceau est nommé à la tête de la section des homicides. «L’Aileron», « ... sobriquet que plus personne n’osait utiliser aux homicides ...» est maintenant le patron ! L’annonce de sa nomination n’est pas encore publique, qu’un meurtre crapuleux est commis. Très rapidement, il devra faire ses preuves. Sous l’oeil inquisiteur de son collègue O’Leary qui lorgnait également le poste.

Le corps de la victime est retrouvé dans le sous-sol de la Place Ville-Marie ( et oui, voilà comment commence cette nouvelle aventure du policier spécialiste des méandres souterrains de la métropole québécoise. ) Le corps est complètement brûlé, calciné; très rapidement, on découvre que la victime a été assassinée quand on lui a mis un pneu autour du cou et qu’on l’a arrosé d’essence.

Une mort terrible, qui rappelle une méthode de vengeance populaire pratiquée en Afrique du Sud. Marceau concentre alors ses recherches vers cette communauté, surtout que la scène de crime démontre que le meurtre a été perpétré devant une assistance quelconque.

Le deuxième corps, retrouvé également dans un autre tunnel, met Marceau sur la piste d’adeptes de vaudou en proie à une guerre de clans haïtiens.

Jacques Savoie nous entraîne donc dans des sous-sols et des tunnels inquiétants où les croyances, la crédulité et surtout, un sentiment de vengeance laissent peu de traces et d’indices. Mais des corps affreusement mutilés !

L’enquête est bien développée. Marceau et Jacques Savoie entraînent le lecteur dans les entrailles assombries du sous-sol montréalais: passages secrets, tunnels pour les trains et les stations de métro. Le responsable des crimes majeurs de la Police de Montréal les parcourt avec agilité physique et intellectuelle. Mais rien ne sera facile pour Jérôme; les adeptes du vaudou et leurs rites préfèrent l’obscurité. Et la peur générée par les leaders spirituels favorisent plus le silence que les révélations. Mais, un ami de Gabriel Lefebvre ( un personnage rencontré dans l’enquête précédente) l’informe sur le vécu de la communauté haïtienne montréalaise et lui trace des pistes très éclairantes.

Cette troisième enquête de Jérôme Marceau se révèle passionnante. Son apprentissage de leader d’une équipe: ses questionnements sur les pratiques spirituelles de certaines communautés; les aléas de sa vie amoureuse sont autant d’éléments qui alimentent la recherche des coupables mais qui intéressent le lecteur dans son propre plaisir de lecture. Jérôme Marceau est un personnage qui prend de la profondeur, que l’on apprend à aimer et qui nous fait connaitre un aspect particulier de la ville de Montréal. Moi, personnellement, j’aimerais bien découvrir ces nombreux passages, ces endroits mystérieux qui parsèment le sous-sol de la ville.

De plus, j’aimerais souligner ( oui oui, juste souligner, je ne révèlerai rien ... ) une superbe finale, une haute voltige de rebondissements surprenants qui laissent le lecteur pantois. Et aussi, avec le goût de lire, très rapidement, la prochaine enquête.

Enfin, le roman est aussi très bien servi par l’écriture efficace de Jacques Savoie. Très bien écrit, avec une touche d’humour, la lecture s’avère fluide, tout se tient. Le lecteur se laisse facilement bercer par les phrases de l’auteur.

Après avoir découvert Jacques Savoie dans «Cinq secondes» et apprécier de plus en plus, Jérôme Marceau dans «Une mort honorable», je vous recommande grandement «Le fils emprunté» ... pour le plaisir de continuer la découverte. Lire les trois romans dans l’ordre est bien sûr une bonne idée pour assister à l’évolution des personnages mais on peut lire chacun de ces romans de façon autonome et pouvoir les aimer.

Un dernier mot pour les gens de Libre Expression ! Je veux encore une fois souligner la qualité des pages couvertures des romans de la collection Expression Noire. Pertinentes, sobres, presque dramatiques et très belles, elles rendent bien l’atmosphère des romans. Bravo aux gens concernés !

Bonne lecture !

Au plaisir de la lecture.


Le fils emprunté
Jacques Savoie
Libre Expression
2013
329 pages

La critique de Norbert Spehner de La Presse

Commenter cet article

Collectif polar 28/07/2013 10:43

Tu nous donnes envie cher Richard, mais nous avons pas accès à cet auteur nous pauvre petit français.

Richard 28/07/2013 14:24

Alors, pauvre petite Française, je suis allé voir sur le site de la Librairie du Québec à Paris et ce roman est maintenant disponible. Donc une petite ballade dans le Ve s'impose !!
Je me fais un plaisir de te faire découvrir la littérature de mon coin de pays !
Amitiés

gridou 17/07/2013 20:09

Un auteur que tu sembles affectionner particulièrement; ce nom me dit quelque chose, je l'ai déjà vu chez toi. En tout cas ton article est très tentant.

Richard 17/07/2013 20:37

Bonjour Gridou !
Oui, je l'aime beaucoup. J'ai déjà chroniqué chacune des enquêtes de son personnage. Et en plus, ce qui n'est pas à dédaigner, il dépeint un Montréal très typique ! Ça donne le goût de venir nous visiter ...
Bonne lecture !

Éliane 17/07/2013 15:34

J'avais bien aimé les deux autres polars de Jacques Savoie, celui-ci semble digne de la série, j'ai bine hâte de le lire! Quel dommage que l'éditeur n'ait pas eu la bonne idée de le présenter au Prix Saint-Pacôme...

Richard 17/07/2013 16:47

Je pense qu'à chaque nouvelle enquête de l'Aileron, on l'aime de plus en plus !
Alors, je te souhaite une bonne lecture !
Amitiés

attila 17/07/2013 14:10

l'Afrique du sud ??? ça me rappelle "la lionne blanche" ...... snif !!!

Richard 17/07/2013 14:54

Oui Attila ! Et également le dernier roman de Dominique Sylvain, "Guerre sale" où les victimes étaient brulés avec un pneu autour du coup !

On s'ennuie de Wallander ? Oh que oui !!!
Bonne journée !