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Publié par Richard

ThureLa lecture de «Thure» a été comme une récréation. Une récréation où j’ai laissé de côté romans policiers et polars, pour m’imprégner d’une poésie bien particulière, d’une histoire toute en nuances et en subtilité et d’une écriture envoutante.

«Thure» n’est pas un roman comme les autres. Il vous surprendra par sa sensibilité, par des événement hors de l’ordinaire mais si ancrés dans leur quotidienneté. Vous serez transportés, chères lectrices et chers lecteurs, dans un monde aux couleurs de l’impressionnisme. Vous découvrirez la vie de Thure, de ses parents, Arthur et Mijeanne et aussi de ses grands-parents, par petites taches, savamment placées sur cette toile où transparaîent, en filigrane, les difficultés de l’enfance et de la transplantation d’un humain dans un autre territoire.

«Thure» est un roman d’émotions et chacun des personnages saura vous toucher par son histoire et sa façon de voir la vie. Les événements, passés et présents, qui marqueront  la naissance de Thure ne peuvent que nous toucher, nous émouvoir et parfois, nous faire pleurer. Il suffit de parler de sa naissance pour comprendre.

Juste à côté du lit où sa mère le mettra au monde, il y a un autre lit. Sur ce lit, immobile, branché à un respirateur, un homme. Cet homme est le père de Thure qui va naitre dans quelques instants; il est dans le coma depuis un peu moins de neuf mois. Un accident l’a privé de cette excellente nouvelle; jamais il ne saura qu’il sera père.

Dès la naissance de Thure, Mijeanne, sa mère, le dépose sur le corps inanimé de son père où il passe une partie de la journée. Pour elle, le contact entre le père et le fils est important; elle sait, elle a l’intuition qu’il se passe quelque chose d’important! Avant la fin de la journée, un geste mûrement réfléchi, un geste qu’elle a retardé jusqu’à la naissance de son enfant, elle interrompt le coma irréversible de son mari, du père de son unique enfant.   

Voici donc le début assez étonnant de ce roman qui vous surprendra à plusieurs titres. Thure, l’enfant né lors de cette journée découvrira, après la mort de sa mère, un carnet de dessins de son grand-père ; à l’aide de ces images, il fera parler, son père et son grand-père qui nous raconteront les événements, l’histoire familiale de ses origines.

Et je peux vous l’assurer, certaines pages de ce roman, certains événements vous toucheront.  En plus, très souvent, vous serez émus par l’écriture de Thierry Leuzy, un style poétique et sensible, rempli d’émotions à partager. L’histoire, les événements que vous découvrirez, les personnages que vous apprendrez à connaître, vous transporteront dans un atmosphère de nuances et d’émotions. Les aventures rocambolesques du grand-père, Papi Youri, les amours naissantes de Mijeanne et d’Arthur et surtout les moments où Thure décrit les réflexions de son père, au contact de la peau de ce petit enfant naissant, malgré ce coma profond qui le retient prisonnier.

Voilà ! Inutile de vous dire que j’ai aimé cet intermède dans mes lectures «polardiennes».  Ce premier roman est franchement très réussi, autant par l’écriture que par son originalité. J’ai hâte de voir ce que Thierry Leuzy nous réserve comme deuxième oeuvre. La barre est haute mais le talent est sûrement là.

Voici quelques extraits pour vous mettre l’eau à la bouche ...

«Ton fils. Il arrive et tu pars. Vous vous croisez sur le palier de l’éternité.»

« ... Papi Youri s’est avéré un grand pédagogue. Maestro Michoustine était une sorte de génie du chaos qui avait le don de voir clair dans le désordre des autres.»

« J’ai voulu savoir pourquoi un Africain comme lui vivait si loin de la lumière.
J’ai vécu beaucoup de noirceur au soleil, j’en suis venu à trouver plus de clarté dans la pénombre.»

« ... elle est devenue toute petite et j’ai vu à ce moment précis que même la perfection peut plisser du menton, rougir des oreilles, trembler des lèvres et former des nids de pluie sous les yeux.»

«Parce qu’il lui était resté fidèle, la jeunesse ne l’avait jamais quitté. Et parce qu’il se souciait encore d’elle, elle s’était ennoblie; un arbre ancien, solitaire, enraciné au sommet d’un cap venteux, dont le tronc et les branches blanchies par l’air salin n’avaient rien perdu de leur ressort.»

Et le dernier, qui porte à la réflexion: «Le mal des imbéciles vient du fait qu’ils s’agrippent au volume et à la légèreté de leurs certitudes, convaincus de remédier aux vertiges de leur ignorance.»

Pour terminer cette chronique, je me rappelle un article où l’auteur parlait de sa propre difficulté à entrer en contact avec les autres. Mais par la magie de la littérature, il a donné la parole à ceux qui ne parlent pas: un nouveau-né et un mourant. Juste pour cette image ...


... je vous souhaite une très bonne lecture.



Thure
Thierry Leuzy
Les Éditions de la Bagnole
Collection Parking
2011
165 pages
 

Commenter cet article

Mimi des Plaisirs 09/12/2011 21:36

Jolie parenthèse sensible que tu donnes ici!

Richard 10/12/2011 00:56



Merci Mimi !


À très bientôt !



Lystig 08/12/2011 18:48

Cher Cousin,
je dis et écris aussi "courriel", tant pis pour ceux qui ne comprennent pas !!!!!
"pourriel", quasiment personne ne sait ce que c'est !!!
et en français, on des des newsletters pas d'infolettre ! (le pire : l'ordi me souligne "infolettre" car non présent dans son dictionnaire !!!!!)

en Suisse, il y a des parcs ou parcautos, les parkings, pas vu des masses, sauf peut-être à Genève... je vérifierai la prochaine fois !

Richard 08/12/2011 21:11



Merci pour l'info !!


 



Alex-Mot-à-Mots 08/12/2011 11:13

Il fait bon, parfois, délaisser les polars. On y revient avec encore plus de plaisir, je trouve.

Richard 08/12/2011 12:19



Entièrement en accord !! Une récréation de temps en temps ...



Lystig 07/12/2011 23:27

(et quand vas-tu parler/écrire en québécois ?)

Richard 08/12/2011 12:19



Mais ma chère cousine,


Je parle toujours en Québécois ...


Les mots et les expressions dont tu parles ... c'est du "joual", ce n'est pas du Québécois ...


Le Québécois est une langue vivante qui invente et qui s'ajuste à des réalités nouvelles. Elle possède la vivacité et la créativité pour inventer de nouveaux mots, en français, sans se coller
inutilement sur l'américain ... Ce qui fait qu'au lieu de dire parking, nous disons stationnement. Nous inventons de beaux mots comme courriel plutôt que de dire mail. Et nous buvons du Coke
Diète plutôt que du Coca Light.


Voilà chère cousine !!!



Lystig 07/12/2011 23:15

"parquer" se dit aussi en Suisse...

je te bise avé l'assent, Cousin !

Richard 07/12/2011 23:20



Chu ben content ... marci ben !!



Lystig 07/12/2011 22:56

et où parquer mon char pour acheter ce bouquin ?

Richard 07/12/2011 23:02



Mais devant une "bonne" librairie, chère cousine provençale à l'accent québécois ....


Bonne lecture



argali 07/12/2011 18:12

J'adore ton billet tout en pudeur et en retenue sur un livre qui me plairait sûrement. Je le note. Tu allonges dangereusement ma LAL, Richard !

Richard 07/12/2011 22:45



Chère amie,


J'étais certain que tu aimerais ce roman ... Allez, laisse ta LAL monter ... Ça ne se guérit pas !!!


Bonne soirée



Nadael 07/12/2011 15:36

Tu en parles d'une si jolie façon que tu communiques vraiment ton enthousiasme. Je note ce titre, évidemment.

Richard 07/12/2011 22:43



Merci Nadael,


Tu ne le regretteras pas !


Bonne lecture !



Pichenette 07/12/2011 15:07

Les Editions de la bagnole, collection parking! J'adore.

Richard 07/12/2011 22:43



C'est bien !!!


Moi aussi j'aime beaucoup. mais il y a aussi les collections "Bazou", "Taxi", "Klaxon" et "Gasoline".


De tout pour tous les goûts ... sans se faire rouler !!!


Amitiés



Peut-êtrezazy 07/12/2011 14:19

Une fois de plus, tu sais nous mettre l'eau à la bouche avec ton commentaire.

Richard 07/12/2011 22:38



Merci Zazy !


Ce roman en vaut la peine !!


Bonne journée