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Publié par Richard


Les-Survivantes-copie-1.jpg
Certains livres nous laissent perplexe. On les lit et un moment donné, on trouve cela génial. Deux chapitres plus tard, on se demande si on s’ennuie. Puis, ça recommence, on dirait les montagnes russes du plaisir de lire avec des montées vertigineuses et des descentes qui vous remontent le cœur dans la gorge … On voudrait que cela finisse mais une fois la lecture terminée, on se demande si on a vraiment aimé cela. Et on en voudrait plus !!!

J’ai terminé Les Survivantes, il y a dix jours. J’ai pris tout ce temps avant de me décider à écrire ma chronique … Incapable de me faire une opinion. Et encore aujourd’hui, c’est l’indécision.

Jetons donc un coup d’œil à l’histoire. Strasbourg, un été de canicule; il fait très chaud, l’humidité alourdit l’air de la ville. L’hôpital est envahi par les malades et les morts s’accumulent dans la morgue.

Anne Boher, médecin légiste, est sur le bord de la dépression, harcelée par quelqu’un qui lui envoie des lettres de menaces et des poupées ensanglantées. Quelqu’un lui en veut et est prêt à aller très loin … Jusqu’à la mort ???

Autour d’elle, des amis qui ne désirent que l’aider et d’autres qui ne cherchent qu’à la discréditer. Son adjoint Enzo Marquèz, son amie et psychologue Laure Bellanger et Franck Albertini, un ancien policier, font tout en leur pouvoir pour aider et supporter Anne. Malgré, parfois, quelques doutes qui s’installent.

Derrière la porte de la morgue, des collègues et d'autres travailleurs de l’hôpital sont prêts à tout pour la faire craquer. Personnellement, j’ai adoré la qualité de ces personnages que l’on aime tant haïr : la laideur de Lou Werfel, la beauté et la méchanceté de Sophie Mangin, l’intransigeante et citoyenne volontaire Ingrid Hensberger et finalement, la haine dévastatrice du médecin Jérôme Horn. Une véritable galerie de personnages , tous suspects, sûrement tous un peu responsables et peut-être même coupables !!!!

L’auteure nous emporte dans un tourbillon de chaleur et parsème notre lecture d’indices, de personnages, d’un ancien dossier égaré, d’une mère mourante mais assez énigmatique, d’une brigade de citoyens volontaires et, en prime, le martèlement d’un message, incrusté dans la tête de la médecin légiste, un message lancinant, un mantra aux pouvoirs diaboliques :

« Perce l’abcès. 242 ! Retire le pus. Noir. Toxique … Enfonce la lame jusqu’au cœur de Lucifer. 242 ! Tiens bon. Éradique Bélial … Cautérise la plaie ou meurs … Assez, par pitié. »

Charmant, n’est-ce pas !!!

Pour ajouter à ce climat lourd et caniculaire, venant de nulle part mais tellement préoccupant, un air de La Traviata qui résonne dans la ville.

Lalie Walker a un talent certain. Son style est percutant; elle trame, habilement et diaboliquement,  une atmosphère tout à fait angoissante. À cause du climat de tension qu’elle installe, même pour le lecteur, l’air est irrespirable. On vit avec Anne Boher, on souffre avec elle, on cherche la moindre petite parcelle d’air qui nous permettra de prendre une pause. Cependant, l’auteure ne nous fournit pas souvent ce petit passage « climatisé » qui nous permettrait de reprendre notre souffle, d’essuyer nos sueurs troublées d’angoisse. Et c’est peut-être ce climat glauque et pesant qui, sans que je m’en rende compte, a fait en sorte que j’ai dû étirer ma lecture, de soir en soir et ainsi, m’empêcher de vraiment apprécier ce roman, à sa juste valeur …

Mais on reste médusé devant la qualité et l’intensité des nombreux dialogues intérieurs qui habitent le personnage principal … un dialogue de sourds ou un monologue de muet !!!

Je vous présente quelques phrases assassines qui illustrent magnifiquement le style de Lalie Walker :

Cette phrase est une véritable beauté du roman noir :
« Cheveux, membres et visages en désordre, ensanglantée, une horde se rua à l’assaut du miroir. Aussi haineuses que désarmées, du fond de leur mortelle prison, vociférant, des bouches se pressèrent contre la froidure du verre. Qui se fissura sous le poids de l’attaque. Menaça d’éclater. »

En parlant d’un corps :
«  … de la douleur d’un corps qui aurait déjà dû depuis longtemps servir d’engrais. »

« Sa plus grande joie, elle l’avait ressentie à la mort de son mari. »

« Son corps craquait comme une maison livrée aux courants d’air; aux pluies acides venues d’un désert inconnu. »

En y repensant bien, je vous conseille grandement ce livre …

 

Après quelques jours de recul et en relisant certains passages pour réaliser cette chronique, je réalise combien cette lecture m’a marqué, combien le style de Lalie Walker m’a envouté et surtout, comment l'auteure vous permettra de jouir de la fin … de cette conclusion digne d’un grand roman noir !!!!


Pour les amateurs du genre, lisez Les Survivantes pour apprécier un roman vraiment noir.  Pour les autres, régalez-vous du style de Lalie Walker et aux dernières pages du roman, appréciez l’imagination et la créativité d’une romancière qui vous a caché, si longtemps … qui étaient Les Survivantes.


Les Survivantes                                                    
Lalie Walker
Actes noirs Actes Sud
2010
357 pages




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Commenter cet article

karpatt48 26/07/2013 14:04

Je l ai pris l autre jour a la bibliotheque et je l ai rendu trois jours apres sans l avoir termine. J ai lu deux chapitres et j ai arrete car je ne suis jamais rentre dans l histoire. Maiscdu coup j ai recup le dernier Camilka Lackberh "Le gardien de phare" et la par contre je suis rentre dans l histoire comne pour les precedents

Richard 26/07/2013 14:13

Bonjour Karpatt48
Merci pour ta visite et ton commentaire.
Je comprends que tu aies eu de la difficulté à terminer ce roman. Il n'est pas facile d'approche.
Bonne lecture avec Camilla Lackberg

dorsi 25/01/2012 09:44

je viens de le terminer. Je trouve que c'est un des meilleurs livres de Lalie Walker. J'ai trouvé intéressant que la canicule soit presque un personnage qui influe sur les gens.

Richard 25/01/2012 13:07



Merci Dorsi !


Bienvenue sur mon blogue ! Tu reviens quand tu veux !!


Au plaisir de te lire ...


Amicalement



Mic 01/05/2010 21:30


Bravo pour ton billet Richard, très bien rédigé et très bien écrit.

C'est vrai qu'en France, on parle plus en ce moment de Lalie Walker, pour ses ennuis judiciaires avec un de ses livres que pour son actualité littéraire (c'est très regretable, elle ne mérite
vraiment pas ça, souhaitons que tout se termine bien et rapidement pour elle.

ACTES SUD l'éditeur français de MILLENIUM comme SONATINE d'ailleurs, sont deux maisons d'édition qui marchent très fort, ici.

Je ne connais pas Lalie Walker en tant qu'écrivain, n'ayant encore jamais lu un de ses livres, mais en tout cas tu donnes vraiment envie à tes lecteurs de le lire, même si j'ai senti une certaine
gêne chez toi à dire, qu'il y avait certaines longueurs ... Mais peut-être que je me trompe.

En revanche, c'est vrai je n'aime pas du tout les couvertures d'Actes Sud, trop austère à mon goût et c'est idiot à dire, mais ça freine mes envies vis-à-vis de leurs parutions.

Merci en tout cas pour cette chronique très complète, vrai amoureux de la littérature. Je te dis à bientôt, porte-toi bien, Amitiés MIC.


Richard 01/05/2010 22:09



Merci Mic pour tes encouragements !!!


Tu as bien senti mes hésitations concernant ma lecture du roman de Lalie Walker. Mais j'hésite toujours, quand je ne suis pas certain, à démolir un livre quand je ne l'ai pas lu dans des
conditions optimales. Est-ce de la pudeur ou un immense respect pour le métier d'écrivain mais je préfère ne pas parler de ma lecture si je n'ai pas aimé.


Dans ce cas-ci, au fur et à mesure de l'écriture de ma chronique, mes réticences ont tombé et, au fil d'arrivée, les quelques défauts remarqués ne tenaient pas la route contre le plaisir que
j'avais eu !!!


Encore une fois, merci de reconnaître mon travail !!! Le plaisir que j'ai à le faire est amplifié par des réactions comme la tienne !!!! Merci Mic !!!!


Au plaisir de te lire, aussi !!!!


Amitiés



Pichenette 01/05/2010 10:56


Bonjour Richard. Chronique très intéressante où tu expliques tes doutes sur ce livre. Il était clair en te lisant que c'est un livre marquant. Et c'est bien ta conclusion. Bref, tu nous
intrigues... J'adore Strasbourg pour y avoir vécu , c'est un plus pour moi que l'action s'y situe. Et cette collection est un gage de qualité. Je vais essayer de l'avoir en bibliothèque, suivant
les conseils de certains. Merci


Richard 01/05/2010 12:50



Je pense que tu ne le regretteras pas. Tu m"en donneras des nouvelles !!!


Oui, moi aussi, j'aime bien cette collection mais présentement, les éditions Sonatines ont vraiment le vent dans les voiles !!! J'adore la production de cette maison. Et toi, tu connais ???


Au plaisir de te lire



callophrys 30/04/2010 23:13


bien d'accord avec ta derniere reponse..du coup on peut passer à cote d'un livre ou d'un auteur.Ne pas s'arreter à la 1ere fois,reprendre quand les circonstances ont change..
Actuellement c'est ce qui se passe...je prends des livres,les commencent,les laissent au bout de quelques pages...bon,ça reviendra...
bonne fin de journee Richard


Richard 01/05/2010 01:25



J'espère pour toi que tu reprendras bien vite le goût de la lecture !!!!


Tu sais combien lire peut faire du bien !!!!


Bon week-end



Mauve 30/04/2010 21:43


Bonsoir Richard, fort interessant. Déja je dois dire que la couverture attire l'oeil. Elle me parle en tout cas.
Mais aurai je le temps de tout lire? Depuis que je "fréquente" ma douce "or des chambre" ma chambre s'entasse de livres, encore et encore. Alors que moi j'avance telle un escargot, c'est à dire à
l'inverse du TVG.
Mais chers lecteurs, comment faites vous pour tant lire, et lire, et lire.....
Je suis bluffée!
Merci richard, pour tes mots si agréables.
Mauve


Richard 01/05/2010 01:27



Bonjour Mauve,


C'est certain que si j'écrivais comme tu écris ... ben je lirais moins !!!! Choisis bien tes livres, sois sélective ... mais de grâce,n'arrête pas d'écrire !!!


Merci


Bon week-end


 



Agnes 30/04/2010 08:57


tentée pas tentée??? j'aime une lecture si elle ne s'éternise pas dans le temps. Je reprends le livre trois fois maxi au dela c'est que je ne suis pas entrée dans l'histoire.Je vais faire comme
Callophrys le réserver à la médiathèque et en plus ma CB sera heureuse. Bonne journée


Richard 30/04/2010 12:15



Quelquefois, à cause de multiples raisons, c'est nous qui nous empêchons d'entrer réellement dans l'histoire ... Des temps de lecture trop courts ou trop éloignés, des préoccupations qui hantent
notre esprit et troublent notre concentration, des événements tristes qui nous peinent ou de bien grandes joies, tout cela fait en sorte que, à certaines occasions, on doit donner des "secondes
chances" à l'auteur.


Merci pour ton commentaire, Agnès!


Bonne journée !!



Claude LE NOCHER 30/04/2010 07:46


Salut Richard !
Toute chronique favorable à ma copine Lalie me rend très heureux, car elle possède un véritable talent. Dans une tonalité proche, je te conseille "A l'ombre des humains" (Editions In-8) de Lalie
Walker, ambiance psychologique et énigmatique garantie !
Amitiés.


Richard 30/04/2010 12:20



Merci beaucoup Claude,


Je suivrai ton conseil et je me procurerai ce livre de Lalie. Je suis honoré de voir que tu lis mes chroniques ... Au plaisir de te faire découvrir, moi aussi, certains auteurs que j'apprécie !!!
Et tes commentaires seront toujours les bienvenus et me feront toujours plaisir !!!!


Amitiés



callophrys 30/04/2010 00:36


of course !!


callophrys 29/04/2010 22:46


reservation faite à la mediatheque...ouf! ma CB ne va pas souffrir cette fois..


Richard 29/04/2010 23:01



Excellent !!! Tu m'en donneras des nouvelles !!



callophrys 29/04/2010 22:20


il y a tellement de tentations!! je ne vais pas y arriver..sourires!


callophrys 29/04/2010 22:10


alors la tentation est encore plus grande...sourires


Richard 29/04/2010 22:18



Allez, Callophrys, laisse-toi tenter !!!



callophrys 29/04/2010 21:52


bon ben rate!!! tu n'as pas reussi à me degouter de le lire..meme si les angoisses peuvent laisser des traces ...des livres avec de telles phrases marquent ,le tres noir est attirant meme si on
peut s'y perdre.Ajoute la Traviata et là ..je craque!! c'est quel air? toujours le meme, comme une obsession?
De plus Strasbourg est une ville que j'adore ,sa cathedrale un fleuron du genre gothique.et dans une rue adjacente un petit salon de the...Rien que d'y penser je salive.
bonne journee Richard.


Richard 29/04/2010 22:07



Et en plus, on y parle de papillon !!! Oui, oui !!!!


Tout pour te plaire ... Oui, oui, je te le conseille !!! je suis convaincu que tu vas aimer !!!


Amitiés



Les bonheurs de Sophie 29/04/2010 20:45


C'était ton 1er livre de cet auteur Richard ?
J'en entends beaucoup de bien et tu m'as donné envie...
En plus j'adore cette collection et ses jolies couvertures.


Richard 29/04/2010 20:51



Bonjour Sophie,


Oui, c'était mon premier roman de Lalie Walker. J'étais beaucoup intrigué par le titre, l'auteure ... et aussi, la poursuite dont elle est victime.


Et c'est vrai que depuis Millénium ... les fameuses couvertures noires d'Actes noirs sont très attirantes !!! Et en plus, cette maison d'édition me rappelle un souper dans le petit restaurant
marocain, juste à coté de chez Actes Sud, à Arles, sur le bord du Rhone !!!


Souvenirs d'un superbe voyage en France !!!


Bonne journeé, Sophie