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Publié par Richard

Les visages de l'humanité«L’exploitation de la bêtise n’est pas à la portée du premier imbécile venu.»

Yvan Audouard

 

Fascinant !

Diaboliquement contemporain !

Inquiétant, même, par ses possibles vérités !

«Les visages de l’humanité» de Jean-Jacques Pelletier est un véritable «tourne-pages». Un thriller haletant dans lequel le lecteur s’engage à ses risques et périls ... Risques de nuits de sommeil plus courtes, périls sournois de son imaginaire à la lecture de ses journaux préférés.

 

Oui ! Car lire du Jean-Jacques Pelletier, c’est se retrouver devant ses quotidiens préférés et se faire plonger entre l’encre et le papier, au coeur même des actions, au centre de la pensée de ces acteurs. Lire du Pelletier, c’est dépasser le premier niveau de l’information et se  retrouver dans un deuxième ou même un troisième niveau où nous avons accès à ce que les politiciens, décideurs, agents économiques et autres leaders d’opinion ne disent pas mais pensent réellement. Lire du Jean-Jacques Pelletier nous immerge dans un monde d’inférences et de possibles, de fausses vérités et de vrais mensonges. Et l’imaginaire de l’auteur est fertile. Son talent est grand pour nous faire douter ... jusqu’au moment où on se dit ... Et si c’était vrai ?

 

Et lire du Jean-Jacques Pelletier demeure un défi pour le blogueur, devant son ordinateur, à se poser la question: «Mais comment je fais pour résumer ce roman ?» Et comme j’ai le goût du risque et sans vouloir trop révéler «les» intrigues, je me lance donc sur la corde raide et je traverse le ravin ...

 

Une série de meurtres crapuleux ont lieu dans différents pays du monde. Tous les morts sont retrouvés dans des «body bags», le visage des victimes est arraché et tous, ont un sachet de thé dans la main. Ces meurtres sont revendiqués par un groupe anti-musulman qui se fait appeler les «Tea-Baggies», référence à peine cachée à la philosophie politique du «Tea Party» américain. Leur objectif, implanter une certaine Loi du Talion ! Pour chaque attentat terroriste, pour chaque mort due à une action terroriste islamiste, les «Tea Baggies» tueront un musulman. N’importe lequel, au gré du hasard !

 

Au même moment, à Montréal, un membre influent du groupe «Gaz de Shit» est assassiné. Cette association, luttant contre l’exploitation des gaz de schiste, regroupe différents intervenants écologistes: journalistes, scientifiques, militants écologistes et Victor Prose, écrivain de son état, personnage principal des romans de Pelletier et possiblement, son alter ego. Victor Prose est vite soupçonné par le nouveau chef de la police Dallaire et son directeur du bureau des enquêtes, l’incompétent Francis Huntell. Victor Prose sera appuyé par sa nouvelle amante, la très mystérieuse Natalya, spécialiste de la fabrication d’images et aussi, par extension, tueuse professionnelle.

 

Victor Prose reçoit rapidement l’aide de son ami Gonzague Théberge (l’autre personnage récurrent de Pelletier), ex-inspecteur de police, à la retraite et lui aussi, soupçonné de quelques méfaits. Et pour compliquer les choses, la femme de Théberge est victime d’un attentat à l’entrée d’une maison d’accueil pour femmes musulmanes en difficulté où elle fait du bénévolat. Théberge l’accompagnera dans ce coma profond, en étant près d’elle et en lui racontant toutes les péripéties de l’enquête ... et de l’actualité. Ces quelques moments d’intimité entre l’ex-policier et sa femme profondément endormie donneront lieu à quelques scènes vraiment touchantes.

 

Parallèlement à ces deux histoires, le récit nous amène un peu plus loin dans notre visite du monde contemporain des grands décideurs, des leaders d’opinion et aussi, des architectes, metteurs en scène d’événements qui peuvent changer la face du monde. Une galerie de personnages assez particulière où vous ferez la connaissance d’un collectionneur de visages, d’une sénatrice américaine candidate à la présidence, d’un chirurgien maniant le bistouri avec habileté, des décideurs influents qui conseillent les politiciens et les grands de ce monde et un propriétaire d’une chaine de journaux et de télévision qui manipule l’information.

 

Et vous retrouvez toutes ces personnes, au-dessus d’un gigantesque castelet mondial, manipulant les cordes des marionnettes pour jouer une pièce de théâtre dont la seule motivation est l’avidité, le pouvoir et la possession. Sur la petite scène, se démêlant dans les fils, les Arlequin, Scaramouche et Matamore jouent le jeu diabolique de ces penseurs du monde. Volontairement ou non.

 

Comment Victor Prose et Gonzague Théberge, aidés par Natalya, réussiront-ils à démêler cet écheveau dans lequel ils se font ficeléer? Entre leurs séjours en prison et les interrogatoires, entre la logique loufoque et tordue des dirigeants de la Police montréalaise, ils sauront, comme à leur habitude, trouver les hypothèses de solution autour d’un bon repas et de quelques bouteilles de grand cru. In vino veritas !

 

Voilà donc, par la petite lorgnette de la lunette d’approche, une infime partie du complexe récit de ce roman foisonnant. Le lecteur sera avisé de se faire un petit tableau des personnages présents. Dans sa générosité proverbiale, tant en personnages qu’en nombre de pages, l’auteur peut parfois nous perdre dans cette galerie de personnages un peu semblables par leur cupidité mais tellement différents dans leurs passions.

 

L’écriture de Jean-Jacques Pelletier séduit par sa force et sa complexité; dialogues percutants, articles de journaux, topos télévisuels, SMS, courriers électroniques, tous les éléments modernes trouvent leur place dans le développement de l’histoire.

 

Le lecteur attentif sera parfois désorienté, un peu perdu dans les différentes intrigues. Heureusement, quelques pages plus loin, rassuré, il retrouvera son chemin grâce aux petites roches  semées par l’auteur qui le guide et le ramène dans sa compréhension du récit. Le monde de Jean-Jacques Pelletier est complexe, parsemé d’embûches mais tellement passionnant.

 

On ressort de cette lecture, un peu sonné ! On ne lit plus les journaux avec la même innocence. Qu’est-ce qui nous dit qu’il ne se cache pas un Jean-Jacques Pelletier démoniaque derrière ces articles et ces informations ?

 

Alors, n’hésitez pas à vous embarquer dans «Les visages de l’humanité» pour un voyage aux pays de la manipulation, de la vengeance et de la corruption. Washington, Montréal, Paris, Québec et Brossard, vous retrouverez sur cette route le presque quotidien de nos journaux actuels. Mais en mieux ? Est-ce que le monde de Jean-Jacques Pelletier serait plus réel que la réalité ?

 

En lisant les remerciements de l’auteur à la fin du roman, on se le demande bien. «La bêtise jacassante et militante» demeurera toujours une source inépuisable.

 

Quelques extraits:

 

Une théorie sur le pouvoir des médias:

« - Pour neutraliser la capacité de nuisance des gens, il faut deux choses. La première est de les laisser s’exprimer, pour qu’ils puissent défouler. Ils appellent ça se sentir libre.

-  Et la deuxième ?

-   Leur fournir des opinions simples et amusantes qu’ils peuvent répéter sans même sans rendre compte. C’est ce qu’ils appellent dire ce qu’ils pensent.»

 

«La première balle acheva l’explication.

Les cinq qui suivirent n’apportèrent rien de plus. Il se trouvait que l’arracheur de visages  était profondément pédagogue. Il savait que, pour qu’une explication pénètre l’esprit de son interlocuteur et qu’elle soit assimilée en profondeur, il était préférable qu’elle soit répétée.»

 

« Écrire, c’était pour lui comme tirer sur un fil qui dépasse. Plus il tirait, plus le fils s’allongeait, entraînant avec lui d’autres fils.»

 

« Coma profond ... Ça ne peut pas être bien grave. Il y a des hommes politiques qui sont dans un coma profond depuis des dizaines d’années et ça ne les a pas empêchés d’être régulièrement réélus ... Pourquoi est-ce que toi, il fallait que tu tombes sur une sorte de coma qui te cloue au lit ? Remarque, coma pour coma, à choisir ... Toi au moins, tu as la chance de pouvoir en sortir.»

 

Bonne lecture !

 

Les visages de l’humanité

Jean-Jacques Pelletier

Alire

2012

556 pages

 

Achetez ce livre en ligne sur Rue des Libraires 

 

Le site de l’auteur: http://jeanjacquespelletier.com/

 

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Commenter cet article

Mamoune.Marie 31/12/2012 16:07

Re-bonjour Cher Richard,
Me re-voilà en lecture, j'aime passer ces moments dans l'intimité de mon bureau à découvrir lorsque ma santé me le permets, ces lectures plus intrigantes les unes que les autres, que tu nous
proposes.
J'espère que tu as passé un bon Noël...je t'embrasse bien amicalement..Mamoune

Richard 31/12/2012 22:15



Bonjour Marie,


En espérant que tu trouves, chez moi, ce qui saura te plaire dans tes prochaines lectures.


Bonne année 2013 ... Je te souhaite le plus important: la santé


Amitiés



Lise 23/12/2012 04:10

Bonsoir cher Richard,

il y a plusieurs semaines que je ne suis pas passée chez-toi. J'en suis désolée; peu de temps pour l'ordinateur, peu de temps pour les personnes virtuelles, qui sont des humains réels derrière un
clavier. Mon monde quotidien m'occuppe à 110% depuis septembre.

Ceci dit je veux te souhaiter le meilleur pour toi et la femmme de ta vie pour la fin de l'année et celle à venir.

Et là j'ai une grande nouvelle; dans une librairie d'occasion j'ai retrouvé le livre perdu prêté à mon cousin insouciant il a des années. C'est un livre épuisé, dans une meilleure édition, et il ne
m'a coûté que un dollar et quelques sous. Je n'en suis toujours pas revenue. J'en avais parlé chez-toi, le livre était "Un saint au néon". Pour moi ça signifie que l'année 2013 sera belle, enfin je
veux le croire...

:)

Richard 23/12/2012 13:02



Bonjour Lise,


Quel plaisir de revoir ton nom dans mes commentaires ...


Je suis très content d'avoir de tes nouvelles et surtout, très heureux de savoir que tu as enfin retrouver ce livre si cher à tes yeux.


Je te souhaite un très joyeux Noël. Et je me souhaite, à moi, que tu reviennes régulièrement me laisser des petits mots .


Au grand plaisir de te lire.


Amitiés



Pichenette 20/12/2012 10:40

Bonnes fêtes de fin d'année à toute la famille
... au cas où la fin du monde ne serait pas demain!

Richard 21/12/2012 03:29



Comme il est 21 heures 30, ici et qu'en France, il est 3 heures 30 ... J'imagine que votre fin du monde est déjà arrivée ...


Mais je te souhaite quand même de très belles fêtes, beaucoup de plaisirs et du bonheur avec toute ta famille !


Amitiés



Attila 19/12/2012 10:44

je suis une fervente supporter du gaz de shit !!!!!!!!!!

Richard 19/12/2012 14:11



Ah ben, merde alors !!



Alex-Mot-à-Mots 18/12/2012 13:30

Je sens que je vais adorer !

Richard 18/12/2012 13:54


Oui, Alex, je pense que ça te plairait !!! Bonne découverte !!


sophie 18/12/2012 09:24

Encore une très belle chronique Richard, et ultra convaincante! j'ai lu le commentaire d'Eliane, c'est toujours intéressant de voir comment un livre peut être perçu de manière différente...mais
moi, s'il y a un mélange de "noir" et de d'humour, ça aurait plutôt tendance à m'attirer! Et puis j'aime bien le nom des personnages: un écrivain qui s'appelle Victor Prose, ça m'amuse déjà,et
Gonzague Théberge, et Francis Huntell...bref, tu as titillé ma curiosité!

Bonne semaine Richard, bientôt Noël, j'espère que ta cheminée sera très "hotte"!! :)

Richard 18/12/2012 13:53


Bonjour Sophie, Merci pour ton commentaire très "chaleureux" !! Après le plaisir que tu as eu a visiter Malphas, aurais-tu l'intention de fréquenter le milieu terroriste québécois ??? Deux mondes
différents mais tellement passionnants. Vive la diversité ! Amitié!!


Éliane 17/12/2012 21:56

Je pensais bien partager ton enthousiasme... La lecture des Gestionnaires de l'apocalypse avit provoqué chez moi exactement ce malaise de la corde raide, la sensation désagréable d'être au bord du
possible.

J'avais hâte de lire son nouvel opus. Et puis voilà, la magie n'y était pas. La corde raide m'a semblé élastique, avec des rebonds comiques pas rapport et le sentiment que l'auteur écrit «sur le
pilote automatique».

Le rapport de Théberge avec son épouse dans le coma était cependant touchant, mais trop de personnages sont franchement caricaturaux et tout l'univers présenté est trop loufoque pour provoquer de
malaise. Un virage voulu? Une contamination par Barcelo interposé? Sais pas trop, mais le charme n'a pas opéré et j'en suis la première désolée...

Richard 17/12/2012 23:23


Bonjour Eliane, Je fais un retour a cet auteur dont j'avais lu un de ses premiers romans. Alors, la magie a encore fonctionné avec moi ... Malgré quelques pitreries au niveau des noms des partis
politiques et quelques autres rebonds comiques . Je me suis laissé aller par le talent de conteur et j'ai vraiment apprécié ma lecture ! Encore une fois, la preuve que ... des goûts zé des couleurs
... Bonne lecture chèrealiedelest Et joyeuses Fêtes à tous les amis de St-Pacôme !!!