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Publié par Richard

Bois de justiceJe l’avoue ! J’étais un peu sceptique au début de ma lecture.
Ah ! Un autre auteur ...

Et un autre polar ... parmi tant d'autres !
Et avec un titre comme «Les marionnettistes» ...

Et bien, agréable surprise, j’ai été happé par l’histoire et séduit par les personnages. Un très agréable moment de lecture et surtout, j’ai bien hâte de lire la deuxième aventure de cette trilogie.

Jean-Louis Fleury a un parcours d’écrivain assez atypique. Arrivé au Québec comme coopérant, ce Français d’origine a été, entre autres, rédacteur et historien chez Hydro-Québec, chroniqueur dans la revue «Québec Chasse et Pêche» et auteur dramatique pour la télévision. À la retraite depuis une dizaine d’années, il a débuté une seconde (???)  carrière d’auteur de polars. «Bois de justice» est son premier roman.

Le premier chapitre est assez désarmant ! L’auteur nous transporte à Paris en 1915, aux Antilles en 1975, à Port-Cartier, en 1988 et finalement, à l’Île-aux-Grues en 1993. À chaque endroit, il y a mort violente, meurtre ou accident; et le lecteur se demande où l’histoire va-t-elle nous amener?

Soyons patients !  Après ce voyage touristique et historique, le reste de l’histoire va se passer dans un petit quadrilatère campagnard, situé entre deux villages de la Montérégie, à un jet de pierre de la frontière américaine où des personnes vivent en toute tranquilité. La chasse, la pêche et la surveillance de la vie des voisins sont les principales activités; jusqu’au moment où cette quiétude est bouleversée par un personnage qui passe aux actes et rend sa propre justice.

Aglaé Boisjoli vient de terminer son doctorat en psychologie. Engagée comme stagiaire, elle se voit confier le mandat «assez flou» d’aider les enquêteurs. Se déroule alors un combat à plusieurs volets: mériter sa place comme enquêtrice, apprendre à se détacher de son enquête et vaincre l’opacité et les non-dits des habitants de ce minuscule coin de pays.

Je me suis laissé prendre par cette histoire passionnante et par la maîtrise du romancier pour bâtir et déconstruire son intrigue; on embarque dans l’histoire, dès les premiers chapitres, on se laisse prendre par les indices et les hypothèses avancées par les enquêteurs et on apprend à mieux connaître celle qui deviendra (je l’espère !) le personnage principal de cette trilogie.

Au niveau du style, Jean-Louis Fleury nous montre deux visages; un langage cru et parfois un peu provoquant ( «... ils étaient comme deux fesses autour de la queue d’un éléphant. Tu ne te poses pas de questions quand tu n’es qu’une moitié de cul.») et un côté plus «professoral» avec l’utilisation d’expressions latines, par exemple, l’usage un peu trop fréquent des expressions «de facto» et «in petto» !

Malgré cette petite réserve, je vous recommande grandement la lecture de ce roman. J’ai très hâte de voir comment le personnage d’Aglaé Boisjoli va se développer. La relation de mentorat entre Thomas Lafleur ( policier à la retraite, un peu hors norme ...) et la nouvelle enquêtrice me semble pleine de promesses.

Et comme, je prends soin de mes lecteurs européens, je me suis déjà informé. Les romans de l’éditeur Guy Saint-Jean sont disponibles à la Librairie du Québec à Paris.

Alors, en attendant de lire le 2e tome de cette trilogie « Le syndrome de Richelieu», je vous laisse sur cet extrait, les pensées d’un flic en exercice sur la littérature policière contemporaire:

«Il s’amusait de ces caricatures d’enquêteurs que proposent les thrillers à la mode, qu’il dévorait, par ailleurs, où les humeurs des héros colorent l’allure  de l’enquête, où les états d’âme du policier de service semblent aussi déterminants dans l’évolution de l’action que les motivations de l’assassin. Qu’est-ce qu’ils croyaient les plumitifs? Que ça changeait l'allure du travail d’un policier que d'enterrer son vieux père en page 25, de se soucier de l’avenir de son évaporée de fille en page 150, de s’enivrer dur la veille du dénouement ou de risquer de perdre sa femme parce qu’on travaille trop à courir l’assassin ? Mon cul, oui! pensait Demers. Lui abordait ses journées de travail avec le flegme d’un boucher à l’attaque d’un quartier de viande. Steak mort, sa vie de flic continuait»



Au plaisir de la lecture.

Bois de justice
Les marionnettistes (Tome 1)
Jean-Louis Fleury
Guy Saint-Jean Éditeur
2010
406 pages

Commenter cet article

Alex-Mot-à-Mots 28/01/2011 08:23


Tu m'en mets l'eau à la bouche. Merci pour le renseignement.


Richard 28/01/2011 11:29



C'est un plaisir !!


Bonne lecture !



Pichenette 17/01/2011 11:41


Beaucoup d'humour dans les citations et le passage choisis. J'adore ce mélange d'humour cynique et de faux détachement!


Richard 17/01/2011 13:28



Oui, je crois que tu vas apprécier ce très bon roman !


Bonne lecture mon amie !



Marie 16/01/2011 12:56


Morte de rire ! J'adore la citation !


Richard 16/01/2011 13:00



Moi aussi, j'aime bien ce type d'auto-dérision !


Bonne lecture !



Karine:) 15/01/2011 13:27


Tiens, je ne suis pas certaine que j'aurais regardé deux fois ce titre sans ton avis. Un peut-être donc, pour quand je serai dans un trip "polars"!


Richard 15/01/2011 15:38



Bonjour Karine !


Cet auteur pourrait être une bien belle découverte ...


Je te propose un lien vers un article de mon ami Norbert Spehner ...


http://www.revue-alibis.com/numero/2010/35-mire.htm


 


Bonne lecture !



Alex-Mot-à-Mots 14/01/2011 11:33


Voilà un roman qui pourrait me plaire, je note.


Richard 14/01/2011 12:58



Bonne lecture Alex !


Je suis pas mal convaincu que tu aimeras ...



sophie57 13/01/2011 23:06


j'espère que quand je serai à la retraite moi aussi j'entamerai une "seconde carrière" d'écrivain...mieux vaut tard que jamais!
(Richard en ce moment je lis "Purge", à petites doses car je manque de temps, et je suis absolument éblouie, je ne sais pas si j'arriverai à faire passer mon émotion par des mots, et de toute façon
je ne ferai pas mieux que ton billet...)


Richard 14/01/2011 00:57



Bonjour Sophie,


Et bien, quand tu seras auteure, je serai ton premier lecteur !


Allez, j'ai très hâte de lire ton avis ... avec tes mots et tes émotions ...


Bonne lecture mon amie !



Suzanne 13/01/2011 13:40


D'accord, merci et à très vite.


Richard 13/01/2011 14:16



C'est un plaisir, chère amie !


À très bientôt !



mimi des plaisirs 12/01/2011 22:30


J'aime bien la dernière citation de ton article avec cette mise en abîme pleine d'humour sur le travail du romancier de polars: "qu'est-ce qu'ils croyaient, ces plumitifs?"...Pas tendre, le
monsieur, avec lui-même!


Richard 12/01/2011 22:33



Et voilà toute la beauté du métier d'écrivain: donner vie à des personnages et leur faire faire er leur faire dire à peu près n'importe quoi ... juste pour le plaisir de créer une bonne histoire
...


J'adore ces "plumitifs" !!!



Lystig 12/01/2011 21:18


tu travailles trop !
:))


Richard 12/01/2011 21:28



En effet !!!


Je m'occupe de la lecture mais je n'ai pas le temps pour lire ...


Paradoxe !!!



Allie 12/01/2011 21:16


J'ai beaucoup aimé aussi! C'est un polar différent, étonnant. J'ai le 2e qui m'attend. Le troisième sortira bientôt. Ce sera le dernier il me semble des Marionnettistes.


Richard 12/01/2011 21:29



On se reparlera du 2e ...


Norbert Spehner l'a beaucoup aimé.


Amitiés



Lystig 12/01/2011 19:33


j'ai commencé "l'homme inquiet" ce midi : lu un peu plus de 100 pages


Richard 12/01/2011 21:10



À cette vitesse, tu vas terminer avant moi ... Je lis 20 à 30 pages par jour, seulement !



Suzanne 12/01/2011 17:39


Je prends en note et malgré que ma pile est ENORME, je lirai .
Pst à propos, si tu me le permets, j'aimerais déposer ton lien pour des suggestions de lectures de la plume québécoise dans mon petit coin. Tu me diras.


Richard 12/01/2011 21:09



Bonjour Suzanne,


Aucun probléme ... Tu peux mettre mon lien sur ta page pour des suggestions de lectures québécoises.


Merci beaucoup !


Amitiés !



Oncle Paul 12/01/2011 14:53


Rien qu'avec le titre, je pensais à une nouvelle histoire sur fond de politique. Il n'en est rien, donc à noter dans mes prochaines dépenses.
Amitiés


Richard 12/01/2011 21:07



Non, pas de politique ... Juste une trés bonne histoire de policiers ...


Bonne lecture !



jeanne desaubry 12/01/2011 09:21


Ah... le cul d'un éléphant et le steack mort : Richard tu sais parler à la lectrice énamourée de ton blog, y a pas ! J'ai ri en ce début de journée, t avec la pluie qui tombe, cela fait un joli
contraste.
Bises parisiennes !


Richard 12/01/2011 12:21



Merci Jeanne,


Je suis touché !!! Et si toi, tu ris ... et bien moi, je rougis.


Au plaisir de te lire, mon amie !



Lystig 12/01/2011 06:00


présentement, tu lis "l'homme inquiet" ? c'est celui que je veux entamer auj ou demain !


Richard 12/01/2011 12:20



Jusqu'à maintenant, j'adore !!!



Lystig 12/01/2011 05:59


à travers ton extrait, on dirait qu'il n'aime pas les polars nordiques (je pense à Indridason, Mankell, Staalesen et Kallentoft, en autres) (ok, je rajouterai Davidsen pour qu'il y ait un Danois et
vu l'heure (pas 6h), j'ai le nom d'un auteur finlandais sur le bout de la langue !)
et cette librairie, elle envoie en province ????

bonne journée !


Richard 12/01/2011 12:20



Mais non !!! Je pense qu'il exprime sûrement ce que les véritables policiers pensent de ces commissaires "de papier".


Oui, tu peux commander à la Librairie du Québec à Paris:


http://www.librairieduquebec.fr/


Bonne journée