Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Richard

La-riviere-perdue-copie-1.jpgMichael Koryta est un auteur au talent exceptionnel, reconnu par ses pairs comme la relève américaine du roman noir. J’avais lu «Et que justice soit faite» et je fus accroché du début à la fin de cet extraordinaire roman. Quand j’ai vu que Calmann-Lévy faisait de «La rivière perdue» le premier roman de sa collection «Robert Pépin présente», je trépignais d’impatience et j’avais hâte de lire le dernier roman de ce jeune auteur de 28 ans.

Et bien j’ai été déçu ! Malheureusement, les 300 premières pages de ce roman ont été très difficile à lire. Est-ce l’utilisation du fantastique qui m’a surpris ? La lenteur évidente du développement de l’intrigue ? Le manque d’action ?  Une intrigue mal ficelée ? Je ne sais pas mais ce qui est certain, c’est que je n’y ai pas cru ... !

Allons donc voir l’histoire !

Éric Shaw est un vidéaste qui a déjà connu une relative notoriété comme cinéaste. Après quelques échecs, il gagne maintenant sa vie en faisant des montages vidéo pour des enterrements, des mariages et des baptêmes. À la suite d’une projection particulièrement réussie, lors d’un enterrement, Alyssa Bradford l’engage pour faire une vidéo sur la vie de son beau-père mourant. Éric doit se rendre dans une petite ville de l’Indiana pour amorcer des recherches car le petit village de French Lick est le village natal de Campbell Bradford, le sujet de sa future production.

Étrangement, sa cliente lui remet une bouteille d’eau minérale, vieille de 80 ans, que le vieux Bradford a gardé jalousement toute sa vie. Armé de sa caméra et de cette étrange bouteille, Éric Shaw part à la recherche des origines de ce vieil homme qui a fait fortune dans de multiples entreprises.

Alors, commence cette longue recherche marquée par des découvertes assez étranges, des apparitions, des hallucinations, des personnages fantomatiques et une certaine forme d’addiction ...à l’eau. On découvre avec notre cinéaste, un village assez particulier et des habitants à l’avenant: un jeune noir faisant un doctorat sur cette «ville perdue», un raté et son ami, deux «losers» qui cherchent à faire fortune grâce à de petits larcins et une vieille dame, passionnée de météorologie qui attend depuis des dizaines d’années la tempête, l’orage, la tornade qui pourra la rendre utile aux yeux des autres. Et surtout, ces étranges et intrigantes bouteilles qui contiennent «l’eau de Pluton, le médicament de l’Amérique».

On ne peut pas blâmer l’auteur pour l’imagination, pour la créativité, pour la qualité de ses personnages; tous ces ingrédients sont présents. Cependant, en ce qui me concerne, la mayonnaise n’a pas pris. J’avoue qu’à plusieurs reprises, j’ai été tenté de laisser tomber ma lecture. mais le souvenir du talent de cet auteur m’a incité à lui donner de multiples chances.

Et tout à coup, vers la page 289, au chapitre 43, apparaît le véritable Michael Koryta avec sa fougue et sa façon extraordinaire de ficeler et déficeler une intrigue. Tout se met en place, l’action court à 200 à l’heure, l’action s’intensifie, on devient étourdi par la vitesse où tout se déroule. Et on entre, enfin, dans le roman, on commence réellement à y croire. Des 300 premières pages lentes et un peu arides, on bascule dans un roman haletant, un tourne-page hallucinant, où les rebondissements nous arrivent comme des coups de poing et où tout s’explique finalement ... sauf l’inexplicable.

Que j’ai aimé cette dernière partie du roman !!!

Mais la question se pose: est-ce que ça vaut la peine de subir les quelques 300 premières pages avec difficulté pour en arriver à ce plaisir de retrouver l’auteur qui nous plaît ?

Je ne saurais répondre. Mais j’attendrai quand même le prochain roman de ce jeune romancier et surtout, le retour de son personnage, Lincoln Perry que j’aime bien. Michael Koryta est tellement jeune qu’il lui reste encore des dizaines de romans à nous offrir dans son style et son imaginaire percutant.

J’avais peut-être des attentes trop grandes, j’espérais peut-être trop de ce dernier récit, mais Michael Koryta reste pour moi un auteur à suivre, un auteur à lire. Et un auteur de talent capable d’écrire ce genre de phrases:

«Jusqu’au vent qui paraissait hésiter et conférait comme de la gêne à la façon dont dansaient et tournaient les feuilles.»

« ... sa voix, tel un soupir de 100 kilos.»

« C’était une espèce d’influence en arrière-plan qu’on avait, celle qu’on se construit avec couilles et coup-de-poing américain, la seule qui ait jamais respectée.»

« On ne sait jamais ce qui se cache derrière le vent.»

Bonne lecture !

La rivière perdue
Michael Koryta
Calmann-Lévy
2011
428 pages


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Éric 30/04/2011 19:43


Auteur sur-évalué. Son premier livre était bon, le reste... bof. Je crois que la critique s'est fait berner par son très jeune âge.


Richard 30/04/2011 20:13



Peut-être ...


Mais je réserve mon jugement pour son prochain roman !


Salut Éric, au plaisir de te lire.



Olivia 29/04/2011 14:27


Oui, c'est ce que je vais faire, vaut mieux. ^^
J'ai vu ton nom chez Asphodèle et Gwenaëlle - deux blogs que j'apprécie bcp.
Le noir, j'en écris aussi...


Richard 29/04/2011 19:02



Et bien, j'aimerais beaucoup te lire ...


Bienvenue sur mon blogue !



Olivia 29/04/2011 13:58


Un blog sur les polars, quel régal !
Je note ce titre.


Richard 29/04/2011 14:23



Merci Olivia !


Bienvenue sur mon blogue.


Ne te gêne pas et abonne-toi à mes articles.


Au plaisir de te lire et d'échanger sur notre passion commune !



Asphodèle 27/04/2011 22:55


Bonsoir Richard ! Chose promise... Ah enfin un livre où tu émets quelques bémols...qui me permettent d'éviter quelques grammes supplémentaires à ma LAL ! En revanche j'ai hâte que tu nous dises de
ce que tu as pensé de " L'ironie du short" et du Padura !!^^A bientôt...


Richard 27/04/2011 23:17



Merci Asphodèle,


Et en plus, je viens de recevoir le dernier Umberto Eco !!!!


De très bonnes lectures en perspective !!!


À très bientôt !!



norbert spehner 27/04/2011 14:45


Au nombre de bouquins traduits que je reçois (entre 30 et 40 par mois) je ne peux plus me permettre le luxe (sauf rares exceptions) de lire en version originale. On n'a qu'une vie, après tout...


Richard 27/04/2011 15:00



Tu as tout à fait raison !



norbert spehner 27/04/2011 14:18


Précision bis: The Cypress House est paru en janvier et the Ridge est attendu en juin.


Richard 27/04/2011 14:25



Tu les liras ????


En VO ??



norbert spehner 27/04/2011 14:14


Précisions... La version originale de La rivière perdue a été publiée en 2010. En 2011, Koryta doit publier deux titres: The Cypress House et The Ridge, deux thrillers avec des éléments
surnaturels. Les critiques américains en parlent comme du nouveau "Stephen King", du nouveau "Peter Straub", du nouveau "Dean Koontz". Bref, pour le polar, faudra attendre, même si The Ridge peut
faire illusion.


Richard 27/04/2011 14:23



Merci Norbert pour ces informations ....


Même s'il "valse entre deux genres". j'aime encore cet auteur ...


Bonne journée ... de pluie, cher ami !!!



Gwenaelle 27/04/2011 09:41


Bonjour Richard! Je note "Et que justice soit faite" dans un premier temps... c'est plus sûr! Moi aussi j'ai Le léopard en attente. Je me le suis gardé pour les vacances et si le temps continue à
être aussi beau, c'est à la plage que je le lirai! :-) Amitiés.


Richard 27/04/2011 14:20



Tu n'as pas fait un mauvais choix !!! Et tes vacances seront sûrement bien remplies avec le dernier Jo Nesbo !!!



keisha 27/04/2011 07:58


De l'auteur j'ai lu Une tombe accueillante (autre éditeur), ce n'était pas mal. Là je n'ai pas envie, les trucs fantastiques, j'évite.
je lis que tu découvres le dernier Nesbo, ô veinard!!!Je me calme en pensant que j'en ai d'autres de lui à lire avant...
Sinon, le Padura; c'est du bon, du très très bon, j'avais découvert l'auteur avec Les brumes du passé, été conquise, mais avec ce dernier, on passe à une échelle supérieure (tout en étant aisé à
lire quand même) Mais les pavés ne te font pas peur, donc...


Richard 27/04/2011 14:19



Bonjour Keisha,


C'est vrai, les pavés ne me font pas peu ... 700 pages de bonne littérature c,est plus facile à lire que les 150 pages d'un mauvais livre ...


J'ai très hâte de me lancer dans le Padura ...


Bonne lecture !



Pichenette 26/04/2011 22:56


Et quid de Padura? où en es-tu? j'ai tellement aimé Les brumes du passé que j'hésite à en lire un autre de peur d'être déçue...


Richard 27/04/2011 01:51



Je devrais le commencer après l'excellente, le tourne page, le passionnant roman de Jo Nesbo, "Le léopard"


À très bientôt



Pichenette 26/04/2011 22:52


Ma réponse à ta question est "oui"!
Mais sans doute, parce que j'ai une grande capacité à lire en grande diagonale quand ça m'ennuie!
Ca fait longtemps que je ne suis pas venue sur ton blogue, j'ai grand plaisir à lire tout ce que j'ai manqué depuis 3 grosses semaines!


Richard 27/04/2011 01:50



Chère Pichenette,


Merci de ton retour ... mes écrits s'ennuyaient de tes paroles ....


Au grand plaisir de te lire ...



sophie57 26/04/2011 20:50


Bonjour Richard,c'est vrai que 28 ans, c'est jeune,la création littéraire souffre parfois de hauts et de bas, peut-être tirera-t-il quelque leçon de critiques telles que les tiennes, c'est en tout
cas ce que je lui souhaite.
Mamie Sophie.


Richard 27/04/2011 01:48



Chère grand-mère,


Comme d'habitude, de votre grand âge et de votre vaste expérience, sortent toujours de belles vérités dites avec tant de philosophie. Ah que j'ai hâte d'avoir, de mériter, que dis-je, votre
immense sagesse ...


Bonne journée, Mamie !!! 



Bruno 26/04/2011 20:44


ah ben zut alors! moi qui ai acheté le bouquin, j'espère que je n'aurai pas le même avis que toi à la sortie. Ce qui m'inquiète c'est qu'en principe on se retrouve souvent sur les bouquins que nous
lisons toi et moi ! Cet auteur mériterait d'avoir une meilleure reconnaissance qu'il n'a actuellement en France. Si ce roman ne démarre à la 300ème page, c'est pas celui ci qui va y contribuer! A
voir donc!
j'en profite pour te saluer mon caribou ! ^^


Richard 27/04/2011 01:45



J'attends ton avis avec impatience ....


Il y a très peu de blogues qui ont parlé de ce roman ... mais ... des goûts zé des couleurs ....


Salut mon ami !



Mimi des Plaisirs 26/04/2011 20:01


Je me doutais bien que tu trouverais du bon dans un livre et tu as raison: le mauvais-mauvais n'existe pas, je crois.
Mais celui-ci ne me tente vraiment pas , si c'est pour s'ennuyer si longtemps!


Richard 27/04/2011 01:42



Mais les 100 dernières pages sont tellement bonnes ....



Anne 26/04/2011 19:01


Ce n'est pas toujours évident, le deuxième roman ! Je ne connaissais pas du tout cet auteur !


Richard 27/04/2011 01:41



Non, ce n'est pas un deuxième roman ...


Mais il semble être un tournant, dans un genre différent ....


Bonne lecture, Anne



Ys 26/04/2011 18:15


J'avais bien envie de découvrir cette nouvelle collection. Peut-être pas avec ce titre finalement...


Richard 27/04/2011 01:39



Bonjour Ys,


Il y a un Lawrence Block qui ne semble pas piqué des vers (un très mauvais jeu de mots ...)



norbert spehner 26/04/2011 15:03


Je comprends ta perplexité... Au bout d'une centaine de pages, je me suis demandé ce qui se passait. J'avais l'impression d'être dans un thriller fantastique à la Stephen King. Du coup, je suis
allé faire un tour du côté des Amers Ricains et là, oh révélation, on parlait de ce lire comme étant "The first supernatural thriller of Michal Koryta". Pas un polar...En étant de très mauvaise foi
ou thésard universitaire, on pourrait toujours dire que c'est un roman "noir" (violence, présence du mal). Non, il s'agit bien d'un roman fantastique (avec des éléments surnaturels) et non d'un
polar. Que ce livre inaugure la nouvelle collection policière de Robert Pépin (qui fait un travail remarquable) est pour le moins insolite !
Qu'est-ce que ça vaut comme roman fantastique ? Ça se lit, j'ai pas détesté ça, mais le thème n'est pas très original.


Richard 27/04/2011 01:36



Oui, sûrement qu'aborder ce récit comme un roman fantastique pourrait apporter une perspective nouvelle.


Mais j'ai vraiment vécu des réactions bipolaires, des montagnes russes de plaisirs, avec plus de bas que de hauts !!!


Merci pour ton commentaire éclairant !



Oncle Paul 26/04/2011 14:43


Bonjour Richard
Difficile d'être toujours au top et lorsque les lecteurs attendent avec impatience un nouveau roman d'un auteur qui les a séduit, souvent ils en sont pour leurs frais. Mais, petite question, ce
roman a-t-il été publié à l'origine avant "Et que justice soit faite". Souvent en France c'est le deuxième ou troisième ouvrage d'un auteur américain qui est publié et donc lorsqu'on le premier il
existe une différence d'écriture, de style, d'intrigue.
Bonne Journée


Richard 27/04/2011 01:31



Bonjour Oncle Paul,


Non, ce roman est vraiment la dernière production de Koryta. Je t'invite à consulter le commentaire de mon "gourou' Norbert ... juste après le tien ...


Bonne journée !



gridou 26/04/2011 14:13


et finalement "tourne page" c'est pas mal ! bonne idée !
Je vais te dire un truc, Richard, je suis contente que pour une fois tu ne sois pas completement convaincu, ça m'évite de continuer à voir grossir sans fin ma pile de lecture ...(oui je sais , je
suis très égoïste) !
bizz


Richard 27/04/2011 01:29



Bonjour Gridou,


Pour l'instant, le tourne page me sied bien ... Surtout que je suis en train d'en lire ... un vrai de vrai !!! Je suis scotché ....


Bonne journée et n'aie pas de crainte, je saurai bien me reprendre pour attaquer te pile de lecture ....


Bises