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Publié par Richard

L'Infortune des biens nantisContinuant mon périple dans le monde du polar québécois, j’avoue, à ma grande honte, n’avoir jamais lu Maxime Houde. Depuis le début des années 2000, cet auteur nous présente les aventures du privé dur-à-cuire, Stan Coveleski. Une fois cet aveu fait, mon acte de contrition récité, je dois faire ma pénitence et vous avouer que j’ai aimé ce roman, que je l’ai lu avec plaisir et que j’attends la sortie de la 7e aventure de ce privé atypique et sympathique. Quand même !

«L’infortune des bien nantis» est le 6e roman où Maxime Houde met en scène son personnage principal. L’époque où se passe cette série est une particularité intéressante: l’auteur situe ses récits dans les années 1940, en plein coeur de Montréal. Même pour les plus Montréalais d’entre nous, ce choix ne peut que donner une saveur particulière, un peu historique, sans l’intervention de toute la science moderne d’investigation et d’enquête. Alors, comme dans les photographies aux teintes sépia, le lecteur est plongé dans un Montréal moins cosmopolite, plus vieillot et quelque peu influencé par la petite pègre et les élites locales.

Stan Coveleski se remet difficilement de la mort de sa femme et tente désespérément de remettre son agence de détective privé à flot. Petits boulots, discussions avec sa secrétaire, la fidèle Emma, sorties avec son ami, le policier Maranda, sont les seuls événements qui pimentent la vie du privé. Jusqu’au jour où la belle Paméla Du Sablon réapparait dans sa vie et vient jeter quelques pavés dans la mare de cette mer de la tranquillité. Elle est belle, entreprenante, délurée et elle ne laisse pas notre héros indifférent. Tout pour sortir de la lune et revenir les deux pieds sur terre, avec la tête dans les nuages.

Après quelques visites à la maison des Du Sablon, leur relation demeure ambigüe ... pour notre plus grand plaisir. Jusqu’au jour où l’aguichante Paméla entre chez Stan, tard le soir, un peu perdue; dans son sac à main, un Browning. Il sent encore la poudre. Ce joujou a donc servi récemment !

Immédiatement, Stan se rend au domicile de la belle et trouve le mari, affalé sur une chaise, une tache de sang sur sa chemise. Mort ! Tout concorde pour suspecter Pamela: une situation de couple corrosive, des aventures extra-conjugales et des scènes de ménage, pas toujours respectueuses, données devant public, souvent ahuri !

Stan Coveleski fera tout en son pouvoir pour sauver sa belle amie mais la découverte d’un deuxième meurtre dans l’entourage du privé, viendra déplacer les soupçons policiers vers le détective privé. Commence alors une enquête parallèle qui nous fera découvrir un sergent Martel pugnace et soupçonneux. Et sous la couverture de la bonne société, quelques éléments pas très jolis  que l’on voudrait bien garder sous le tapis.

Maxime Houde nous tricote donc un récit bien monté, une intrigue qui se tient malgré quelques petites longueurs, une résolution de crimes intéressante, percutante mais crédible,  et une finale assez imaginative ... J’allais écrire, ici, quelque chose qui aurait peut-être mis la puce à l’oreille du lecteur averti mais je vous la laisserai découvrir ce dernier chapitre... pour votre plaisir.

Oui, vous aurez du plaisir à lire «L’infortune des bien nantis». Sans être un styliste hors pair, l’auteur nous surprend parfois avec des phrases qui nous étonnent et nous charment. Je suis toujours ébahi par cette qualité d’un auteur qui raconte une bonne histoire et qui est capable d’enjoliver son texte de quelques perles à découvrir. De plus, il est bon de noter que Maxime Houde maîtrise très bien l’écriture de ses dialogues. Son style sobre mais parfois «frappant» ajoute à notre plaisir; l’histoire coule, les dialogues l’enrichissent et son écriture facilite notre lecture.

Il ne faudrait pas non plus oublier tout le travail de recherche qu’a dû faire l’auteur pour bien nous représenter le Montréal des années 40. De Maurice Richard aux tramways des rues principales, aux premières discussions sur la construction d’un métro et aux problèmes du maire Camilien Houde jusqu’à la quiétude des riches maisons du boulevard Gouin, le lecteur s’imprégnera dans cette époque, sans que ce ne soit didactique. Juste une valeur ajoutée, un plaisir de la découverte d’une époque pas si lointaine.

En définitive, j’ai bien aimé ce roman de Maxime Houde et ma découverte de ce personnage, quand même très attachant. Pas au point de retourner en arrière pour lire les cinq premiers , mais  assez pour réserver mon exemplaire du prochain volet des enquêtes de Stan Coveleski.

Une découverte à faire !
Un roman divertissant !

Quelques extraits pour la route ...

Quand Stan attend les rares clients qui pourraient lui donner du travail: «La journée fut aussi tranquille qu’une soirée dansante pour culs-de-jatte.»

Pour pimenter une invitation à assister à un souper, pourquoi ne pas en faire une présentation ... : « les invités vont parler dans le dos des absents, donner leur opinion sur des sujets qu’ils ne connaissent pas et, immanquablement, une bagarre va éclater en fin de soirée entre deux types éméchés parce que l’un deux n’aimera pas la façon dont l’autre regarde son épouse.»

Une comparaison ... historique et gastronomique :
« C’est clair ?
Comme la soupe au temps de la Dépression.»

Une petite dernière : «Je suivis le cortège au volant de la Graham en compagnie de mes pensées. J’avais déjà connu des passagères plus agréables.»


Bonne lecture !


L’infortune des bien nantis
Maxime Houde
Alire
2011
372 pages

Commenter cet article

Mimi des Plaisirs 16/02/2012 14:50

Un livre au charme suranné sans doute mais valable d'après ce que tu en dis...
Bonne journée, cher québecois!

Richard 16/02/2012 15:52



Merci chère amie française !!


Au plaisir de te lire ...



sophie 14/02/2012 18:48

Cher cher cher Richard ;)
Rien que pour toi, je change un peu l'adage, et je te dis:"Faute avouée, totalement pardonnée!"

Richard 14/02/2012 22:04



Merci Sophie !!


Et, évidemment, j'ai le ferme propos ... de recommencer !


Amitiés



Mamoune 14/02/2012 07:24

un petit coucou, ce matin, je suis désolée pour le manque de com, j'ai un mini ordi avec qui je rame un peu, il est très lent....j'espère récupérer l'autre rapidement..je reviendrai te lire sois en
assurer...
gros bisous et bonne journée..Mamoune

Richard 14/02/2012 13:01



Merci Mamoune, merci pour ta fidélité !


Au plaisir de te lire ...



Morgane 14/02/2012 01:31

Mon deuxième Maxime Houde et comme pour le premier, je trouve ça très honnête. Je ne peux pas dire que je sois renversée mais c'est bien écrit, l'intrigue se tient, les personnages sont bien
foutus, l'atmosphère mise en place. On passe effectivement un très bon moment de lecture. Et tout ça n'est quand même pas rien. La fin (dont on ne dira rien bien sûr) ajoute à la qualité du roman à
mon avis. Donc, pas devenue une fan absolue mais je le recommanderai vraiment à ceux qui aime le genre.

Richard 14/02/2012 02:28



Tout à fait d'accord avec toi !!


Malgré quelques longueurs, le récit est prenant et l'histoire est bonne. J'aime bien !


Bonne soirée, Morgane !



norbert spehner 13/02/2012 21:59

Bonne critique, Richard ! Exception faite d'un des titres qui m'est tombé des mains (ça se passe à Joliette, je crois) j'ai apprécié tous les livres de cette bonne série. Houde a encore un peu de
travail à faire, notamment travailler ses débuts (un peu longs et répétitifs dans les deux derniers romans) mais une fois l'action lancée, c'est pas mal du tout.

Et pour tes correspondant(es) outre-atlantique, je confirme que les romans sont tous disponibles sur le site de la FNAC, les bouquins d'Alire sont distribués en France par Interforum et il y a
toujours moyen de commander directement sur le site de l'Éditeur, avec un truc pratique qui s'appelle une carte de crédit, un petit machin en plastique que même le plus archaïque des Gaulois
devrait connaître maintenant. Ugh, j'ai dit !

Richard 13/02/2012 22:44



Merci beaucoup Norbert !


J'ai fait une belle découverte et grâce à Éliane, notre amie, je ferai d'autres incursions dans le monde de Coveleski. en évitant de passer par Joliette, bien sûr !!


Merci aussi pour l'info concernant la disponibilité des livres québécois en Europe !!


Amitiés



Éliane 13/02/2012 21:31

Cher, cher Richard

Je suis ravie que ta découverte de Covelesky se soit faite dans la joie. Pour ma part, je l'avoue, je suis fan! Je prends un grand plaisir à me plonger dans le Montréal des incorruptibles (!) et à
lire ces authentiques polars, dans le sens de polar.

Maxime Houde a réussi à créer un détective attachant, dans la plus pure tradition du genre, et de le voir évoluer dans un monde aussi familier pour moi est un petit bonheur de la vie. C'est bien
ficelé, sans prétention, la langue est impeccable, les personnages sont crédibles, les dialogues sont plus vrais que vrais, bref, quand je referme un Covelesky, j'ai toujours l'impression d'avoir
lu un vrai polar!

Va falloir que tu te tapes les autres de la série, histoire de devenir un ami toi aussi!

Richard 13/02/2012 21:37



Ma chère Éliane,


Si il y a une personne qui peut me convaincre de faire le pélerinage à l,envers, c'est bien toi !! Alors, je vais succomber et dès le mois de juin (d'ici là, j'ai d'autres lectures... !), je
lirai un ou deux Maxime Houde pour devenir un véritable ami !!!


Mais tu me conseillera les deux meilleurs ... Promis ?


Bonne journée chère, très chère amie


 



zazy 13/02/2012 21:25

J'aime lire tes commentaires !!!! j'aime tes découvertes même si je ne pourrai jamais lire ces livres, introuvables en France

Richard 13/02/2012 21:33



Bonjour Zazy,


Bonne nouvelle pour toi, les romans de Maxime Houde sont distribués en France ... Tu peux les trouver à la FNAC de même que l,ensemble des romans des Éditions Alire ...


Bonne lecture !!



Catherine 13/02/2012 20:51

Merci, Richard, de nous faire découvrir les romans policiers québécois. C'est marrant parce qu'ici, en Europe, on a l'impression qu'il y a peu de délinquance et de crimes au Québec ! Bonne semaine.

Richard 13/02/2012 20:57



C'est un plaisir, chère Catherine !


Oh oui, il y a de la criminalité au Québec ... et même de la corruption ... De quoi remplir quelques polars ... et quelques histoires d'horreur !


Et en surplus, nous avons de bons romanciers avec beaucoup d'imagination !


Bonne lecture, Catherine