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Publié par Richard

Et que le vaste monde poursuive sa course folle                
Colum McCann
Belfond, éditeur
2009
Et-que-le-vaste-monde.jpg
433 pages

Tous, nous connaissons l’histoire du sage qui montre du doigt quelque chose dans le
ciel  … et le fou qui regarde attentivement … le doigt !!!! Et bien dans le livre de
Colum McCann, même le sage regarde ce qui se passe sur le sol …
malgré l’extraordinaire événement d’un funanbule traversant les Twin Towers du
World Trade center sur un fil de fer.

Et que le vaste monde poursuive sa course folle est un roman absolument vertigineux. Comme le funambule, le lecteur est sur la corde raide pendant toute sa lecture.
Des personnages démontrant une misère humaine presqu’insoutenable,
Le New-York inhospitalier et violent des années 1970.
Des vies tristes à pleurer, des destins dramatiques, des histoires sans liens apparents.
Mais un grand roman !!!

Un grand roman qui tisse sa toile graduellement, au fil des malheurs de chacun des personnages, à la recherche de leur point de rencontre, un grand roman qu’on a parfois le goût de larguer mais qui nous attache sans que l’on s'en rende compte.
Une histoire, pas vraiment.
Une trame romanesque. Peut-être plusieurs.

Ce livre nous raconte la misère de certains personnages pendant que quelqu’un, tout la haut, est en train de vivre le rêve de sa vie. Pendant ce temps, un prêtre irlandais oeuvre auprès des prostitués et des
pauvres du Bronx; des mères de soldats morts au Vietnam qui se réunissent, une jeune grand-mère péripatéticienne qui ne peut s’occuper de ses deux petites filles, un narrateur qui débarque de son Irlande natal et qui assiste, impuissant,  à ces tristes spectacles. Et enfin, oui, un funanbule qui traverse l’espace entre les deux tours … en même temps qu’un avion.

Voici donc un roman puissant, pas facile d’approche mais tellement prenant !!!
Je ne connaissais pas Colum MacCann mais il représente une très belle découverte. Mon coup de coeur, se laisser porter par la poésie des images, par un style d’écriture envoutant, par des personnages qui nous collent à la compassionde nos coeurs.

Une image forte: le funanbule emprisonné dans quatre mètres de neige folle et qui s’imagine la chute la plus lente vers la mort, de l’hiver jusqu’au printemps …
“L’idée s’est imposée qu’il risquait de rester là, jusqu,au dégel qui, progressivement, le déposerait au sol, décomposé, quatre mètres cinquante sous le câble la chute la plus lente qu’on puisse imaginer, et le coyote qu’il avait admiré viendrait lui ronger les os.”

“Pas à pas, pemse Jaslyn, nous trébuchons dans le silence, à petits bruits, nous trouvons chez les autres de quoi poursuivre nos vies. Et c’est presqu’assez”

“Il faut parfois monter assez haut pour voir ce que le passé fait du présent”

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constance93 02/06/2010 23:35


ton commentaire me fait penser au livre Les âmes grises de Philippe Claudel. sauf que c'est le même problème : il annonce du gris mais je n'y ai vu que trop de noir. par contre, l'écriture, la
construction et les interrogations sont intéressantes :P
si tu as du vrai gris à me proposer, je prends ;D


Richard 02/06/2010 23:39



J'accepte le défi !!!


Je t'en reparle !


Amitiés, Constance !!!


Au plaisir de parler livres avec toi !!!!



constance93 02/06/2010 22:51


encore une lecture en commun.
sauf que je n'ai pas tout à fait croché. c'est tellement noir !
c'est vrai que l'écriture est splendide, le style personnel, la polyphonie plus qu'intéressante et bien traitée, les sentiments exprimés forts, mais vraiment, il y avait trop de malheur dans ce
livre.


Richard 02/06/2010 23:08



C'est drôle de te lire ! Il y a juste le coté noir du livre que tu n'apprécies pas ... et tu encenses tout le reste ... Il faudra que je te conseille des romans noirs ... un peu plus gris ou un
peu noir pâle !!!


Amitiés