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Publié par Richard


À deux pas de chez elleFrançois Gravel est un auteur prolifique qui a commencé sa carrière en écrivant pour les adultes . Puis, un jour, son fils lui a dit que ce n’était pas juste, que lui aussi voulait lire ce que son père écrivait. Alors, ce professeur d’économie, maintenant à la retraite, a commencé une très belle carrière d’auteur pour la jeunesse sans négliger pour autant ses lecteurs adultes.

«À deux pas de chez elle» est, selon la 4e de couverture, « ... sa première incursion dans l’univers du roman policier ...».

Pour être précis, il faudrait ajouter que certains de ses romans pour la jeunesse frôlent de très près ce monde qui nous passionne, le monde du polar, de l’enquête et de la recherche d’une solution à une énigme. Je peux vous dire que, comme directeur d’école (à la retraite !), les romans de François Gravel étaient fort populaires, même qu’ils plaisaient beaucoup aux garçons. De plus, en mai dernier, lors de la remise des Prix de reconnaissance du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, j’ai pu me rendre compte du charisme de François Gravel, du magnétisme du père de «Klonk» et de ses talents de conteur comme dans sa série «Sauvage». Lecteurs, lectrices, faites plaisir à vos enfants et faites-leur connaître François Gravel, s’ils ne le connaissent pas encore!

Mais revenons à ce dernier polar, sujet de cette chronique. Dès la page couverture, on nous annonce qu’il y aura une suite, que «À deux pas de chez elle» est la première enquête de Chloé Perreault. Première réaction: scepticisme et ensuite, curiosité ! Qu’est-ce qu’un nouveau personnage viendra ajouter à ce monde du polar déjà bien rempli de personnages récurrents, de policiers troublés et d’enquêtrices qui veulent faire leur place dans ce monde d’hommes ?

Chloé Perreault est une jeune (très jeune) enquêtrice qui a décidé de quitter la grande ville pour s’installer dans un village où les possibilités d’avancement sont plus grandes. Ambitieuse, et aussi talentueuse, une confiance en soi fragile mais une intelligence fertile, en font une bonne candidate pour un poste d’enquêtrice.

La découverte de deux cadavres, enterrés depuis fort longtemps, sera l’élément déclencheur qui permettra à Chloé de faire ses premières preuves. Mais comment réussira-t-elle à découvrir ce qui s’est passé dans ce petit village de Milton ? Il y a maintenant 33 ans que Marie-Thérèse Laganière a disparu, abandonnant sa voiture à Rivière-du-Loup. Les policiers les plus chevronnés ont essayé de comprendre ce qui était arrivé. Sans succès ! Et voilà, qu’aujourd’hui, on découvre le corps de Marie-Thérèse; et elle n’est pas seule. Un autre squelette la recouvre, comme pour la protéger.

Et notre jeune policière, au milieu d’un village où tout le monde se connaît, où on appelle le député par son prénom et où chacun connait la vie de l’autre, commence une enquête sous un jour nouveau. Une enquête sur une disparition se transforme, 33 ans plus tard, en enquête sur un double meurtre. Comment la jeune montréalaise sera-t-elle reçue par les habitants qui ont vécu ce drame ? Comment réussira-t-elle à résoudre une énigme vieille de plus de trente ans ?

Le personnage de Chloé est intéressant ! Énigmatique, belle (comme il se doit !!!), célibataire, on sent que l’auteur nous en révèle juste assez, en nous disant qu’au fur et à mesure de ses enquêtes, nous en saurons plus sur son histoire, sur sa vie, sur ses pensées. On s’attache à cette jeune femme, autant que le lieutenant aux affaires criminelles, Nelson Robichaud, supérieur immédiat et mentor. Respectueux et empathique, il accompagne et soutient Chloé dans les méandres de son enquête. Découvrir ce qui s’est passé il y a trente ans, déterrer des souvenirs pas toujours agréables, faire émerger des émotions et des sentiments longtemps enfouis, voilà un travail qui demande beaucoup de doigté.

Et en prime, on peut découvrir la vie dans un petit village québécois, les relations et les liens qui rapprochent et éloignent les gens, les histoires qui génèrent l’amitié, l’amour ou la haine. L’auteur nous présente ce village et on y vit presque quand Chloé marche sur «l’exécrable boulevard Paquin» ... «un concentré de tout ce que l’Amérique produit d’horreurs urbanistiques.»


J’ai beaucoup aimé ce roman. François Gravel a du métier et son expérience d’auteur pour les adolescents, où chaque page est un combat pour garder l’intérêt du lecteur, transparait dans son écriture. Le roman a du souffle (malgré une ou deux longueurs) sans être un «tourne-pages» frénétique; le récit se développe graduellement, inexorablement vers la solution de l’enquête, à petits pas, une question à la fois, comme une longue marche en forêt. Le lecteur se sent pris dans cette toile, fine, subtile mais quand même efficace. Et on se prend au jeu. Tout en subtilité, en réflexions et en remise en question, Chloé avance, dans le noir de la nuit, en espérant que la lumière, là, au bout de cette longue montée, lui permettra de répondre à toutes ses interrogations. Que chacune de ses interventions lui permettra de se rapprocher, un peu, du moment où tout s’éclairera !

Petite note, en passant, pour une première fois (pour peu que je m’en souvienne ...) une des personnages ( suspects !!) est une directrice d’école !!! Quel plaisir !!!

Chloé Perreault sera surement un personnage intéressant à suivre. Cependant, ce qui m’a beaucoup plus dans ce roman, c’est le style de François Gravel, son écriture simple et efficace, sa sensibilité et sa fantaisie et surtout, les touches d’humour qui parsèment son récit. C’est vrai que je suis un bon public mais je peux vous affirmer que l’auteur a su me surprendre par des phrases joliment tournées, par des moments intenses d’émotion et aussi, par des pointes fantaisistes qui provoquent sourires et rires ...  Comment oublier la belle, très belle image de «l’homme qui sculptait des livres.» ?

Souvent, on a le goût de s’arrêter pour relire une phrase, sourire de nouveau sur une idée lumineuse, s’étonner d’une comparaison, réfléchir à une idée ou tout simplement, s’arrêter pour rêvasser avec un personnage. Vous pourrez vous en rendre compte, en lisant les quelques extraits que je vous ai sélectionnés, mais surtout en découvrant ce roman et ses nombreuses qualités.

«Chaque lac a ses monstres, et ceux du lac Abénakis sont riverains plutôt que marins.»

«Chantal, la secrétaire, aime dire que les patrouilleurs sont des enfants pressés d’aller jouer dehors, tandis que les enquêteurs ressemblent à des adolescents: ils sortent tard le soir sans dire où ils vont et ne rentrent à la maison que pour s’installer devant leur ordinateur.»

Un clin d’oeil à mes anciens collègues : «Dans son esprit, un juge était un élément de l’ensemble appelé «adultes», dans lequel on retrouvait les psychologues, les professeurs et les directeurs d’école, bref tous ceux qui prennent leur pied en sermonnant les jeunes. La meilleure tactique à adopter avec eux était d’endurer le discours en silence tout en s’efforçant de penser à autre chose pour ne pas mourir d’ennui.»

«Ils se sont mis à vieillir très vite, comme si on leur avait inséminé une bactérie mangeuse d’espoir.»

Un cours de techniques policières et d’écriture de romans  : «Un interrogatoire, c’est comme un thriller: il faut en donner le moins possible, juste ce qu’il faut pour agacer les nerfs, pour titiller l’imagination. Ils finissent toujours par craquer. La patience, c’est bien plus payant que la peur.»

« ... la voix onctueuse d’une réceptionniste de salon de massage.»
« ... des commères ... prenaient un malin plaisir à inventer ce qu’elles ne savaient pas.»

Et bien d’autres que vous découvrirez ...

Ce premier roman est un très bon début ! J’ai très hâte de lire la prochaine enquête de Chloé Perreault !

Bonne lecture !


À deux pas de chez elle
François Gravel
Québec Amérique
2011
327 pages

 

 Présentation du livre sur le site de l'éditeur

 


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Commenter cet article

venise 31/03/2013 23:54

Je m'apprête à écrire mon commentaire de lecture, je suis venue lire la vôtre.

J'en profite pour vous dire que vous serez bientôt comblé puisque :

deuxième enquête de Chloé Perreault sera en librairie à compter 10 avril. Nowhere Man présente des voix narratives alternées : celle d'un jeune homme prostitué en cavale et celle Chloé Perreault.
Le suspense, véritable chassé-croisé habilement mené par François Gravel, explore la frontière ténue entre le bien et le mal.

:-)

Venise

Richard 01/04/2013 14:38


Merci Venise, Ce sera un plaisir de retrouver le personnage de Chloé Perreault. Je lirai donc votre article des sa sortie. Au plaisir de la lecture ! Bonne journée !


Lise 24/10/2011 13:04


Bonjour Richard,

très en retard pour commenter ce livre, que j'ai lu lentement, et parce que j'ai ensuite relu deux romans de l'auteur (Adieu, Betty Crocker et Vous êtes ici) pour comparer avec cette enquête
policière. Pas un tourne-pages frénétique en effet mais le personnage de Chloé est intéressant; j'ai aimé le lien fait avec le livre de Boris Vian (L'écume des jours, que j'adore!) et son prénom.
La Chloé de F.Gravel ne risque pas de mourir assassinée par un nénuphar en tout cas...

J'aime la sensibilité, l'humour de l'auteur; je pense à Marie-Curly Dumb la journaliste (?) et ses articles erronés, à ce Luc hermétique et ses réflexions saugrenues qui m'ont fait penser à une
personne de ma famille. Et je me suis amusée à aller sur "gougoule" pour trouver Donovan (que j'aimais beaucoup), afin de savoir ce qu'il est devenu; il chante toujours et est bien plus séduisant
maintenant, en beau vieux (si j'ose dire) monsieur au regard très doux, qu'il l'était en jeune troubadour efflanqué il y a quarante ans.

Mais retour au livre, il me semble que le style de l'auteur convient mieux à ses romans, mais j'avoue avoir été surprise par la fin même si cet onctueux Laurent Lapierre était beaucoup trop poli
pour être honnête. C'est à suivre....

Lise qui n'a pas de blogue :)


Richard 24/10/2011 13:47



Bonjour Lise,


Merci pour ce très bon commentaire !!


Tu n'as pas de blogue ... et bien avec la qualité de tes analyses, tu devrais en avoir un ...


Bonne journée



Asphodèle 16/10/2011 18:59


Bon, je n'ai pas les moyens de me ruiner ;) mais les extraits que tu mets sont très imagés et bien tentants...pfff


Richard 16/10/2011 19:01



Je ne suis qu'un tentateur ....


Allez laisse toi aller !!



Claude LE NOCHER 16/10/2011 18:06


Pas de doute, mon cher Richard, il va falloir que je lise François Gravel. Je prépare une petite liste, un de mes amis parisiens ira prochainement faire un tour pour moi à la Librairie du
Québec...
Amitiés.


Richard 16/10/2011 18:58



Et j'ai hâte de connaître ton avis ...


Amitiés



Lise 15/10/2011 00:27


Rebonjour Richard,

par ta faute j'ai fait un trou dans mon misérable budget et j'ai acheté ce livre en passant par ma petite librairie préférée tout à l'heure. Bon, ça ne m'empêchera pas de manger et les livres sont
ma seule folie (ma nourriture spirituelle mettons!); je ne fume pas, ne boit pas (ou rarement), ne me maquille pas et refuse de me teindre les cheveux, et je porte les mêmes vêtements depuis des
années (je les lave il faut dire:-)). Et les vacances hors Montréal sont un très lointain souvenir; je voyage à travers les livres, alors ....

Bonne fin de semaine!

Lise ;-)


Richard 15/10/2011 15:33



Ouf !!!


J'espère qu'il te plaira !!! Mais je fais confiance à François Gravel !!


Bonne lecture !



Lystig 14/10/2011 11:22


je connais !
mais tant pis, pour moi, je préfère l'hiver !!!


Richard 14/10/2011 13:48



Bonjour cousine ...


Comme disent les serbo-croates : "Des goûts zé des couleurs ...."


Bises



Alex-Mot-à-Mots 11/10/2011 16:23


Un polar à l'écriture poétique, je note.


Richard 11/10/2011 16:39



Pas poétique ... mais plus une écriture imagée !!!


Bonne lecture !



Pyrausta 11/10/2011 10:39


il faudra que j'aille faire un tour à la librairie du Quebec..merci pour cette chronique Richard qui comme d'habitude nous amene à appauvrir notre compte en banque...


Richard 11/10/2011 12:01



... et à enrichir votre pile à lire !!!


Bonne lecture !


Amitiés



argali 10/10/2011 22:41


"Klonk" j'aime beaucoup ! J'en donne un court extrait à mes élèves à chaque rentrée. J'espère que celui-ci sortira chez nous. Il me tente vraiment !


Richard 10/10/2011 22:57



Bonjour mon amie,


Quelle chance ont tes élèves d'avoir une enseignante ouverte à toutes les littératures ...


La librairie du Québec à paris pourrait bien répondre à ton désir ...


Bonne lecture !



sophie57 10/10/2011 21:57


Cent fois sur le métier remettre son ouvrage:j'aime bien cette qualité de l'écrivain expérimenté et chevronné qui sait comment garder son lecteur, un artisan patient et exigeant...avec
lui-même!D'après ton article c'est ainsi que je vois cet auteur que je ne connais pas(encore un!) Bonne semaine Richard, amicales pensées.


Richard 10/10/2011 22:38



Merci à toi !


Bonne semaine !


Amitiés



Oncle Paul 10/10/2011 16:51


Bonjour Richard
Je pense que le fils de François Gravel est quelqu'un d'intelligent et qu'il a su motiver son père. Maintenant les autres gamins peuvent lui dire merci.
Bonne continuation et à bientôt
Amicalement


Richard 10/10/2011 17:49



En effet,


Un véritable visionnaire ... qui a su découvrir le talent de son père !!!!


Bonne lecture


Amitiés



Martine 10/10/2011 16:26


Bonjour Richard! Je l'ai acheté la semaine dernière, mais pas lu encore... J'aime beaucoup, beaucoup ce que François écrit, tant pour adultes que pour enfants, alors j'ai bien hâte de découvrir ce
nouvel univers... et encore plus après avoir lu ton billet!


Richard 10/10/2011 17:48



Bonjour Martine,


Et bien, quand tu l'auras lu, tu me feras part de tes impressions ...


Bonne lecture et aussi, bon été indien !!!



Lise 10/10/2011 15:22


Bonjour Richard,

étant une "fan" finie de François Gravel, j'avais hâte de lire ton opinion de ce livre qui se retrouvera bientôt dans ma bibliothèque. J'aime infiniment la sensibilité, l'humour subtil de cet
auteur; je le trouve apaisant à lire et j'ai hâte de découvrir son côté givré...

:)

Lise qui n'a pas de blogue


Richard 10/10/2011 15:26



Bonjour Lise,


Et bien, tu ne seras pas déçue !! François Gravel est égal à lui-même dans ce roman ... Excellent !!


Bonne lecture et bon congé, profite bien de ce bel été indien !!!


Amitiés



Mimi des Plaisirs 10/10/2011 14:55


Alléchant programme de lecture tel que tu le présentes...
Amitiés.
Samedi soir, nous allons écouter une conteuse québecoise Renée Robitaille. Peut-être la connais-tu? En guise d'annonce, elle dit: "Le bonheur que je vous souhaite, c'est que les babines vous
pètent!"J'ai beaucoup aimé l'image!


Richard 10/10/2011 15:22



Merci Mimi,


Je ne connais pas cette conteuse mais tu m,en donneras des nouvelles !


Amitiés



pichenette 10/10/2011 10:02


Le vase clos d'un village et des secrets enfouis depuis plus de 30 ans... effectivement, il y a là de quoi secouer Landerneau!


Richard 10/10/2011 13:48



Et bien ma chère,


Une des personnages du roman s'appelle Dominique Duval .... serait-elle une lointaine descendante d'Alexandre Duval, auteur de cette phrase célèbre  (Pas ici au Québec ... mais grâce à nous
deux, elle le deviendra ... peut-être ... ) !!!





 



Lystig 10/10/2011 06:35


tu sais donner envie d'aller marcher dans la neige québécoise !!!!!!
d'accord, il n'y a pas forcément tout le temps de la neige, mais quand je pense au Québec, je pense plutôt à l'hiver, aux raquettes, aux ours et aux galeries marchandes souterraines (!) qu'à l'été
indien au Québec ! (bon, en même temps, j'aime bien l'hiver !!!!)
(mais pas le mistral !!!)


Richard 10/10/2011 13:40



Bonjour,


Tu sais qu'un grand poête québécois a écrit cette superbe chanson : "Mon pays ce n,est pas un pays, c'est l'hiver ..."


Mais mon pays a du chrame aussi en automne, au printemps et surtout, il est d'une fébrilité joyeuse, l'été !! Les quatre saisons ont chacune leurs particularités, se laissent apprécier pour leurs
différences et demandent aux "humains de sa race" de s'y adapter ...


Bonne lecture ... et bonne rêvasserie ...