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Publié par Christophe

Intense !

Par Christophe Rodriguez

Tout le monde ou presque connait le travail de l’écrivain John Grisham. Ancien avocat rompu au métier, son univers judiciaire se traduisit par des succès tels : La firme, L’affaire Pélican, Le client, etc. Avec La sentence, le ton est complément différent bien que nous visitions pour un court laps de temps, les tribunaux.

Nous sommes en 1946 sur les bords du Mississippi. Peter Banning, ancien soldat, décoré et adulé de sa communauté, est revenu de l’enfer de Bataan [nous vous en parlerons plus tard]. Ce fidèle de l’Église méthodiste, citoyen modèle, abat par un froid matin d’octobre, le révérend Dexter Bell qui fut son meilleur ami. Mué dans le silence, refusant presque un appel en Cour suprême, il sera condamné la chaise électrique.

Du procès qui n’a rien de commun dans cet état, puisque généralement ce sont des personnes de race noire condamnées pour meurtre, n’oublions pas que la ségrégation est inscrite dans les gènes de cet état sudiste, le choix des jurées se révèlera douloureux. Malgré l’aura dont jouit Peter Banning, il sera exécuté et la scène n’est pas sans rappeler La ligne verte de Stephen King.

Par une écriture ténue qui évoque Douze hommes en colère et toute la littérature afro-américaine du roman noir [Don Tracy, Neiges d’antan], sans oublier John Steinbeck [Le bruit et la fureur], Grisham se fait conteur d’une époque, d’un mode de vie tissée serré qui vit principalement de la cueillette du coton. Après le drame, la famille sera divisée, les enfants, ne savent plus à quel porter frapper et son ex-femme Liza, internée pour troubles mentaux détient-elle la clé ?

Une vie exemplaire et bien des mystères

Utilisant, un stratagème classique, soit remonter le cours du temps, Grisham va nous faire découvrir qui était le héros Peter Banning. Envoyé à Manille pour contrer l’avance japonaise, il tombera dans le piège de Battan, un fait historique amplement documenté aux atrocités à peine nommables. De cette marche forcée jusqu’au camp de O’Donnel, plus de 20 000 soldats disparaitront sous les coups des soldats, minés aussi par la malnutrition, le paludisme et la dysenterie.

Les descriptions sont difficiles à supporter, mais véridiques. Banning parviendra à s’échapper et il rejoindra avec deux amis, la guérilla philippine qui harcèle continuellement les troupes de l’empire levant, par des coups de force, un peu comme le firent les Chindits britanniques en Inde. Meurtri, il reviendra au pays, après avoir était déclaré « missing in action ». Mais les choses auront bien changé. Sa femme n’est plus que l’ombre d’elle-même et il soupçonne la trahison.

Toute la situation est complexe, parfaitement bien menée avec une tension palpable ou son cheminement étatique le conduira à commettre l’irréparable. Question : Y a-t-il eu erreur sur la personne ?

C’est un roman remarquable qui nous fait aussi revivre des faits oubliés.

Bonne lecture !

 

La sentence

 John Grisham

Éditions JC Lattès,

502 p.

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