Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Publié par Florence

J’ai découvert le romancier français  Michel Bussi assez récemment (et bien trop tardivement) grâce à une amie, qui m’a offert Les nymphéas noirs, intelligent polar mêlant habilement intérêt pour l’art et suspense et que j’ai dévoré. Ce n’est pas si souvent après tout qu’un polar vrai de vrai explore des questions telles que la créativité et l’exploitation des œuvres, entre autres.  Michel Bussi n’en est pas à ses premières armes en matière de roman noir, puisqu’il a à son actif une grosse dizaine d’ouvrages aux noms tous les plus évocateurs les uns que les autres ( Mourir sur Seine, Un avion sans elle…). Il serait aussi le deuxième écrivain français en termes de nombre de livres vendus, derrière Guillaume Musso.

Publié aux Presses de la cité, On la trouvait plutôt jolie (un titre dans ce cas plutôt caramel mou qui fait référence à une chanson populaire),est le onzième opus de Michel Bussi et permet au lecteur de renouer avec l’intéressant mélange de complexité et de légèreté qui constitue l’un des éléments du succès de l’auteur.

Au cœur de l’intrigue, cette fois, le sort des migrants, ces vagues d’hommes et de femmes, ces anonymes qui prennent la mer hostile dans des conditions terribles et qui, quand ils survivent au racket et aux éléments, se retrouvent sans ancrage dans des sociétés qui ne veulent pas d’eux et font tout pour les avilir. Une question d’actualité brûlante que Bussi transpose avec brio et cœur (une constante chez lui) dans le contexte d’une intrigue à suspense, à travers des personnages à la fois attachants et nuancés. Afin d’incarner le destin de ces hommes et de ces femmes qui fuient les conflits ou la misère pour se retrouver souvent en situation de précarité,  l’auteur s’attache au destin marseillais de Leyli, mère célibataire d’origine malienne, une femme aussi charismatique que mystérieuse.

Car Leyli, qui fait le ménage dans les hôtels minables de Port-de-Bou et se raconte à qui veut bien l’écouter, cache un passé complexe non sans rapport avec la mort violente de plusieurs hommes qui ont pour point commun d’avoir travaillé pour un même organisme s’affichant comme humanitaire.

 

Extrait :

« - Qu'est-ce qui ne va pas, Leyli ? Vous êtes jolie. Vous avez trois jolis enfants. Bamby, Alpha, Tidiane. Vous vous en êtes bien sortie.

- Ce sont les apparences, tout ça. Du vent. Il nous manque l'essentiel. Je suis une mauvaise mère.

Mes trois enfants sont condamnés. Mon seul espoir est que l'un d'eux, l'un d'eux peut-être, échappe au sortilège.

Elle ferma les yeux. Il demanda encore :
- Qui l'a lancé, ce sortilège ?
- Vous. Moi. La terre entière. Personne n'est innocent dans cette affaire. »

-

On la trouvait plutôt jolie plaira à ceux qui, comme moi, sont friands d’intrigues bigarrées qui mettent au premier l’accent sur l’humanité des personnages. L’auteur se plait à qualifier son livre de roman humaniste, et c’est tout à fait exact. En effet, le regard empathique que pose Bussi sur ses protagonistes et sur le lot de ces réfugiés de toutes origines, conjugué à son style riche et imagé contribuent à la réussite d’On la trouvait plutôt jolie, même si l’histoire, je trouve, aurait gagné à être raccourcie d’une cinquantaine de pages.

Décidément, Michel Bussi est une valeur sûre qui, jusqu’à présent, se montre à la hauteur de son succès.


On la trouvait plutôt jolie

Michel Bussi

Presses de la cité

2017

 

Chronique rédigée par Florence Meney, collaboratrice à Polar, noir et blanc.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article