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Publié par Florence

Le monde du polar, pour les auteurs obscurs, c’est un peu la jungle. Se démarquer, accrocher l’intérêt du lecteur et lui tendre son fragile rafiot au milieu de l’océan de parutions relève d’un exercice de haute voltige.  Quand on pense à tous ces bons romans qui ne trouveront jamais leur public, cela donne le vertige. C’est un peu comme si l’humanité cantonnée à sa vieille planète malade passait à côté de galaxies richement peuplées.  En lecture comme pour beaucoup d’activités humaines, se cantonner dans les habitudes est une tendance naturelle, mais hélas aussi l’ennemi de l’exploration, de l’ouverture vers le neuf.

Se démener pour être lu, c’est un effort que n’ont plus à faire les vedettes du genre telles que James Patterson. Trônant au sommet des ventes, le prolifique auteur américain, sacré écrivain le plus riche au monde récemment, peut compter sur des hordes fidèles de lecteurs qui attendent l’un de ses nouveaux opus. Que celui-ci soit bon ou non n’a au fond qu’une importance relative pour les ventes.

La "15e affaire" s’inscrit dans la collection Le Women’s Crime Club du romancier, qui est co-écrite avec l’auteure Maxine Paetro. Cette collection reprend une formule déjà éprouvée par d’autres auteurs de polar, celle de réunir un groupe d’amis (ici au féminin) autour de la passion pour l’énigme et de leur jeter une bonne intrigue dans les pattes.

L’intrigue

L’adepte de Patterson retrouvera sans doute avec plaisir la détective Lindsay Boxer, une femme dynamique et plutôt équilibrée, du moins à l’échelle des détectives de fiction, et qui mène avec sa fille et son mari une vie quasi normale.


Citons ici un extrait du quatrième de couverture : "Un quadruple homicide dans un hôtel de luxe suivi d’un terrible crash d’avion au-dessus de San Francisco vont venir bouleverser ce bonheur. Qui est cette magnifique et mystérieuse femme blonde qui semble liée aux deux événements ? Et lorsque Joe disparaît subitement sans laisser de traces, Lindsay commence à douter de lui".


Elle aura plus que jamais besoin de ses amies pour démêler le vrai du faux alors que toutes ses certitudes s’écroulent et qu’elle ne sait plus à qui accorder sa confiance.

 

Le roman et ses quelque 300 pages livre exactement ce que le synopsis promet, soit une intrigue bâtie autour des vecteurs classiques du contre-espionnage, entre FBI, CIA et services secrets chinois au fil de pages assez trépidantes et ponctuées de plein de cadavres bien juteux, certes, mais sans relief particulier, et sans originalité aucune. N’étant pas moi-même une fidèle de la collection Le Women’s Murder Club, je n’ai pas pris de plaisir particulier à me pencher sur l’autre jambe du roman, soit le questionnement de Boxer au sujet de son couple, lui aussi assez convenu et sans saveur. Le lecteur (enfin cette lectrice) émerge ainsi de la 15 e affaire en émettant un bof retentissant.

 

Si l’intrigue est bien construite, assez bien ficelée (si on accepte de fermer les yeux sur certaines invraisemblances) et fluide, rien ne se démarque pour nous laisser au terme de la dernière page ce sentiment de satisfaction, de plénitude teintée de deuil qui accompagne idéalement la fin de cette relation éphémère et unique qui unit le lecteur à son ouvrage. Les personnages de la 15e affaire, peut-être parce qu’ils ont sans doute (on l’espère) déjà été servis mieux apprêtés dans des opus précédents de la série, demeurent désespérément unidimensionnels et prévisibles. On a même du mal à s’intéresser au devenir de l’héroine, qui finit par nous taper sur les nerfs tant les auteurs veulent nous convaincre que le sergent est une mère accomplie autant qu’une enquêteuse d’élite.

 

A lire si vous êtes un fan et que vous vouez enfiler de vieilles pantoufles au parfum familier, seulement.

 

Bonne lecture !

 

 

15e affaire

James Patterson

Écrit avec Maxine Paetro

JC Lattès

 

Chronique rédigée par Florence Meney, collaboratrice à Polar, noir et blanc.

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