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Publié par Sonia

De bonnes nouvelles de Kathy et Tempe

SONIA SARFATI

 

Ils sont prolifiques ET populaires. Avec la régularité d’une horloge, ils produisent un roman par année. Certains journalistes sont ainsi appelés à leur parler annuellement. Et il arrive parfois qu’un lien se développe entre eux.

 

Petite collection d’os est le 19e livre de Kathy Reichs à être publié en français. L'anthropologue judiciaire a fait une entrée fracassante dans le monde du roman policier en 1998 avec Déjà Dead. J'ai eu la chance de l'interviewer presque à chaque nouvelle parution. J'ai ainsi développé une affection certaine pour elle et, par voie de conséquence, pour son alter ego, Temperance Brennan.

 

Tempe pour les intimes. Donc, pour moi.

 

Quelle formidable surprise, alors, de découvrir que l’une des quatre nouvelles qui constituent Petite collection d’os est carrément « l’histoire des origines » du personnage (comme on dit dans le monde des superhéros). En 18 romans, jamais les quand, pourquoi et comment du choix de carrière de Tempe n’avaient été abordés. Ils le sont dans De cendre et d’os, récit des événements qui ont précédé Déjà Dead.

 

Tempe travaille à la faculté d’anthropologie de l’Université de Caroline du Nord tout en terminant sa thèse de doctorat quand, par un concours de circonstances, elle est appelée à donner un coup de main à deux policiers (qui ne sont pas inconnus aux fans de la série de livres). Elle doit identifier les restes d’un inconnu, trouvés dans une roulotte qui a brûlé.

 

Dans la note qui suit le texte (il y en a une après chaque nouvelle et elles apportent toutes un éclairage pertinent sur ce qui précède), Kathy Reichs raconte que c’est à peu près ce qui lui est arrivé. Les os en question étaient ceux d’une enfant de 5 ans. Le suspect n’a pas été inculpé pour ce crime-là. Cela l’a profondément frustrée. « J’étais déterminée à faire tout mon possible, avec les compétences acquises, pour que de tels crimes soient résolus et punis. »

 

L’anthropologue est devenue anthropologue judiciaire afin de faire parler les morts. Pour qu’ils obtiennent justice. Eux, et leurs proches. Éclaircir les mystères du passé ou avoir un impact sur le présent? La réponse s’est imposée.

 

Mais avant de poser cette cerise qu’est De cendre et d’os sur le gâteau destiné à ses lecteurs, la romancière a préparé… eh bien, le gâteau : les trois premières nouvelles du recueil, qui n’avaient jamais été publiées en français mais que certains, s’ils lisent en anglais, s’étaient peut-être déjà procuré en édition numérique.

 

La cruauté des os nous entraîne dans les refuges d’oiseaux et de chiens de Caroline du Nord (et se fait un appel poignant contre la maltraitance faite aux animaux). Les os du marais propose une incursion (pas vraiment touristique) dans les marécages des Everglades où, à cause de la bêtise humaine (elle ne le dit pas ainsi mais il est facile d’arriver à cette conclusion), se multiplient aujourd’hui les pythons birmans. Et Les os du glacier s’attarde à l’identification d’un corps qui a passé trois ans près du sommet du mont Everest.

 

On retrouve dans chaque texte les ingrédients de prédilection de Kathy Reichs. Le crime qui ne paiera pas, grâce à la science venue au secours des forces policières. Les humeurs et l’humour de Tempe, son côté bourru et ses maladresses. Cette absence de filtre qui provoque des tensions entre elle et ceux qui mènent l’enquête – ou en font l’objet.

 

Le pattern est donc familier. Mais, forme oblige, il se déploie ici tambour battant. Bref, la nouvelle sied très bien à Kathy Reichs. Et à Tempe Brennan.

 

Note : Kathy Reichs sera présente au Salon du livre de Montréal. On la trouvera au stand 216, le vendredi 17 novembre de 18h à 19h30 et le samedi 18 novembre de 14h à 16h.

 

 

Petite collection d’os

Kathy Reichs

(traduit par Natalie Beunat)

Robert Laffont,

392 pages

2017

 

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