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Publié par Richard

Ouvrir un nouveau livre de Sylvain Meunier, c’est une expérience inédite à chaque fois, une surprise préparée par cet auteur au regard malicieux et à la plume jubilatoire. Je vais vous parler ici du savoureux roman « Saint-Chause », mais auparavant, juste pour le plaisir, laissez-moi vous faire la liste des titres de Sylvain Meunier, tous plus bizarres les uns et les autres :

  • Enquête sur le viol du père Noël ;
  • La nuit des infirmières psychédéliques ;
  • L’homme qui détestait le golf
  • Les mémoires d’un œuf ;
  • L’empire du scorpion.

 

Intriguant, n’est-ce pas ? Mais ce n’est pas fini ! Dans son dernier roman qui se déroule en majeure partie dans l’église de Saint-Chause-du-Machain, voici, au fil des pages, quelques titres de chapitres :

  • La feuille morte dans tous ses états ;
  • Mamour n’était guère plus jolie qu’une huître, mais c’était une perle ;
  • Embobiner l’abbé Binette ;
  • Des souris et des pommes.

Et comme disent tous les bons critiques de ce monde, j’en passe et des meilleurs !

 

Alors, entrons donc dans l’église de Saint-Chause et allons assister à la grand-messe du roman truculent !

 

Jean-Benoit Bastarache est un ado, on ne peut plus ado. Sa spécialité : l’inertie qu’il exerce «  ... avec une réelle compétence. » Ne refusant pas un petit joint de temps en temps, il ne lève pas le nez sur une bonne soulerie à la bière en fût. Ses parents fondant de grands espoirs sur lui, J.B. ne se gêne pas pour faire fondre ces espoirs qui ne sont pas les siens.

 

Un jour, sa mère lui décroche l’emploi rêvé, bedeau à l’église de Saint-Chause. Malheureusement, les horaires des messes matinales ne semblent pas concorder avec le cycle de sommeil de notre nouveau sonneur de cloches. Puis, au fur et à mesure de ses apprentissages professionnels, Jean-Benoit diversifie ses activités cléricales en se donnant des sources de revenus supplémentaires, pas toujours en cohérence avec les enseignements du Christ.

 

De plus, il aura la chance de rencontrer une jeune fille, pieuse en apparence, pas très jolie, mais fort délurée, qui lui donnera quelques coups de main (sic) dans ses entreprises pas catholiques. Mamour deviendra pour Jean-Benoît la compagne idéale pour l'accomplissement de ses basses oeuvres et de ses hautes aspirations. Et parfois, pour vivre ses rêves, il faut prendre les grands moyens et ces grands moyens apportent souvent son lot de problèmes … policiers.

 

Sylvain Meunier sait raconter des histoires et surtout, nous faire aimer des personnages aux méthodes douteuses, mais toujours fort sympathiques, et ce, malgré quelques défauts plus ou moins acceptables. Jean-Benoît, malgré son manque de propreté (concept purement bourgeois), Mamour, entrepreneur et entreprenante, les curés, vicaires et ménagère de la paroisse et quelques malfrats de tout acabit sauront vous distraire avec plaisir.

 

À l’occasion, on ferme les yeux et on entend l’auteur nous raconter l’histoire tout en voyant l’étincelle brillante de l’écrivain ratoureux, intelligent et drôle. Ah oui, parfois on pleure, et même, il y a des meurtres … comme si ça allait de soi. Mais à tous les chapitres, ce diable de Sylvain Meunier possède le don rare de nous faire rire avec sa prose animée et légèrement déjantée.

 

Alors, n’hésitez pas, réservez votre place dans les jubés, confessez-vous de ce plaisir inavoué, entrez en communion avec les personnages et procurez-vous ce roman qui ne sauvera peut-être pas votre âme de l’enfer, mais vous méritera quelques indulgences littéraires.

 

Quelques extraits :

 

« Toutefois, à l’instar de l’alcoolique se rendant à la taverne avec la velléité de n’y boire que du ginger ale, il abandonna son râteau et se dirigea à son tour vers l’église. »

 

Une phrase que j’adore …et qui donne le ton « Sylvain Meunier » :

« Or, un hippie, ce n’était pas fait pour bosser, ni pour courir des risques ; un hippie, c’était fait pour fumer de la mari, faire l’amour et pas la guerre, taper mollement sur un tambourin ou, idéalement, rester là à regarder les aurores psychédéliques … »

J’arrête ici ! Si vous voulez le reste de la phrase … allez, hop, à votre librairie !

 

 

Bonne lecture !

 

 

Saint-Chause

Sylvain Meunier

À l’étage noir

2016

261 pages

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