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Publié par Sylvie Langlois

« J’ai écrit ces nouvelles rien que pour vous. Je t’en prie, jettes-y un œil, mais attention s’il te plait, sois prudent. Les meilleurs ont des dents. »

        Stephen King.

                    Stephen King écrit des histoires, parfois de gros bouquins, des pavés de plus de 1000 pages où l’on explore des mondes fantastiques et horrifiques. Mais lorsqu’il nous offre un recueil de nouvelles, le plaisir est toujours au rendez-vous. Comme il le dit si bien lui même lorsqu’on lui demande pourquoi il écrit encore des nouvelles, sa réponse est simple : ça le rend heureux ! Pour son plus grand plaisir et le nôtre...

 Alors, comment résister à un livre de King, j’en suis incapable, j’ai lu tous ses romans. J’ai une fois de plus succombé avec ce petit dernier (petit, il fait quand même 600 pages !). La magnifique illustration de couverture, est une invitation, qui semble me dire : aller, vient, pénètre dans mon esprit, tu y découvriras des choses étranges et mystérieuses.

Le recueil comporte vingt nouvelles, et chacune est accompagnée de sa propre introduction, celle-ci étant aussi intéressante que les histoires qu’elle précède. Pour ceux qui aiment regarder derrière le miroir, l’explication de la gestation de chacune des nouvelles est un pur plaisir en soi. Et puis, King a toujours eu cette particularité, cette impression qu’il s’adresse directement à moi, comme si j’étais assis à ses cotes, l’oreille bien tendue à l’écouter narrer son histoire.

Vingt nouvelles, donc, qui traite de sujets qui lui sont chers ; l’importance de la littérature, la vieillesse, la morale et bien sûr la mort. La plupart des histoires sortent du cadre de l’horreur auquel nous sommes habitués, elles parlent plutôt de traumatismes naturels tels que le cancer, l’insuffisance cardiaque, d’Alzheimer, les accidents, la peur, et autres. Mais n’ayez crainte, King nous livre tout de même sa marchandise mortelle, avec cette petite touche de fantastique dont lui seul connaît la recette. Nous lisons du King ne l’oublions pas, donc oui, il y a des morts, beaucoup de morts.

Nous débutons avec « Mile 81 », un beau clin d’œil à ses lecteurs de longue date, où il aborde deux sujets déjà traités dans de précédents romans, une voiture hantée et une troupe de jeunes gaillards téméraires. J’ai adoré cette histoire qui nous plonge dans l’univers pur et dur de l’écrivain, une de mes préférées ! Avec « Premium Harmony » il rend un fervent hommage à Raymond Carver dont il dit : qu’il fut époustouflé par la clarté de son style et par la magnifique tension de sa prose. Un petit bijou de subtilité. Une histoire écrite à la manière de... mais assaisonné à la King !

Dans « Sale gosse » il nous présente un méchant petit rouquin diabolique qui porte un bonnet à hélice sur la tête. Il ne vieillit pas et s’amuse à tourmenter un homme avec un niveau de cruauté perverse. Il conduit ses victimes, droit vers le suicide. À faire froid dans le dos.

À l origine, la nouvelle « Ur » fut écrite en 2009 pour le lancement de la deuxième génération de Kindle, la tablette d’Amazon. Un professeur d’anglais expérimente la technologie d’une nouvelle liseuse. À travers celle-ci, il découvrira un monde parallèle, dont des livres inédits, jamais publiés. Des livres qui errent dans une autre dimension. Elle regorge de référence à Ernest Hemingway, Faulkner, Shakespeare, et Poe. Un bel hommage à la littérature.

 « Nécro » pour sa part, a reçu en 2016 les honneurs du prix Edgar Allan Poe de la meilleure nouvelle. Un journaliste écrit des notices nécrologiques fictives, irrespectueuses et méchantes sur des personnalités encore vivantes. Mais, il s’en rend compte bien assez vite à son grand désarroi que ses nécro tuent véritablement ses sujets. Un autre coup de maître !

Le recueil se termine avec une fable sur la fin du monde « Le tonnerre en été », une extermination de la race humaine causée par un empoisonnement par radiation, la désolation. Deux survivants, Robinson, son voisin et un chien Gandalf. Nous assisterons à leurs derniers instants. Exit. Quoi de mieux pour mettre le point final que l’extinction de la race humaine. Un bel épilogue fracassant !

Voilà, ce qui vous attend et encore plus. Que vous aimiez le style plus conservateur ou plus fantastique de son écriture, allez faire un tour dans son bazar, vous y puiserez sûrement des petites pépites qui sauront vous plaire.

 Des moments de pure démence, et d’envoûtement. Une belle plongée dans le monde imaginaire d’un auteur qui ne cesse de se renouveler et qui maîtrise à la perfection l’art de raconter une histoire.

 

 

Le bazar des mauvais rêves.

Stephen King.

Albin Michel.

600 pages.

2016

 

 

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