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Publié par Richard

Le nuage d'obsidienne

Eric McCormack est un écrivain canadien-anglais très peu connu au Québec. Il y a quelques semaines, je ne le connaissais pas, je ne l’avais jamais lu. Et maintenant, une vingtaine de jours après avoir lu un article dans le journal Le Devoir qui parlait de ce « dieu des livres », je me suis mis à en parler à tout le monde. Exactement comme je l’avais fait, il y a plusieurs années quand j’avais découvert le génial « Robertson Davies ».

Après cette critique de Louis Hamelin, je me suis procuré « Le nuage d’obsidienne », dernier livre écrit par cet auteur né en Écosse en 1938 et habitant au Canada depuis 1966. Il était temps que je découvre cet écrivain et la seule consolation pour ce retard, c’est qu’il me reste tous ses livres à lire ! Comme disait Jules Renard : « Quand je pense à tous les livres qu’il me reste à lire, j’ai la certitude d’être encore heureux. »

Alors sur cette pensée que bien sûr, beaucoup d’entre vous partagent, essayons de faire un résumé de ce roman foisonnant et passionnant.

En voyage d’affaires au Mexique, Harry Steen est surpris par un orage aussi subit que violent. Pour se protéger de la pluie, il entre dans une boutique de livres anciens. À travers le capharnaüm de vieux ouvrages, un bouquin d’une dimension rare, attire son regard. Le titre : « Le nuage d’obsidienne ». Intrigué, il le feuillette et se rend compte que l’auteur raconte un « événement des plus singuliers, de mémoire d’homme … » et que cette anomalie de la nature s’est déroulée à Duncairn, en Écosse. Tout de suite, car il a lui-même vécu quelque temps dans ce petit village du comté d’Ayshire dont il garde un souvenir douloureux, il achète le livre et le rapporte chez lui.

Après quelques recherches, il découvre que ce nuage d’obsidienne est un événement climatique extrêmement rare, peut-être que même, ce serait une légende « rurale ». Sans en être obsédé, il commencera à chercher la vérité sur ce livre, sur son auteur et sur le phénomène climatique. Débute alors, une histoire passionnante, la biographie foisonnante de ce Harry, né dans les quartiers pauvres d’une grande ville écossaise.

Le récit de la vie de Harry Steen vous projettera aux quatre coins du monde et son histoire, riche en rencontres et en aventures, vous étonnera. En plus de la pauvreté de son enfance, il vivra des deuils qu’un enfant ne devrait pas à subir. Débrouillard, il fera tout pour pouvoir réussir des études universitaires. Puis, il se retrouve à Duncaïrn où il devrait enseigner …mais une malheureuse histoire d’amour avec la belle Myriam se termine abruptement. Cette très courte idylle l’habitera toute sa vie ; le visage de cette femme ne le quittera plus jamais.

Cependant, sa rencontre avec un riche industriel bouleversera sa vie. Il épousera sa fille sans nécessairement l’aimer et il prendra la charge de l’entreprise, parcourant le monde pour vendre les pompes que son usine fabrique. Jusqu’au jour, où il découvre ce livre …

Je n’ai lu qu’un roman de cet auteur, mais déjà, je me retiens pour ne pas crier au génie ! Je me garde bien de le faire, mais je vous le dis, ce roman est génial. Tout au long de ma lecture, je me suis régalé. Parfois une phrase, souvent des faits, une émotion qui nous touche, un événement prenant, un retour en arrière surprenant, un drame bouleversant ; ce roman est une suite de petits éléments qui, tous réunis, nous donnent un grand livre. On le referme en criant au génie !! Rien de transcendant, mais à la fin, de la grande littérature !

Conséquence évidente après ma lecture, j’en parle à tout le monde que je rencontre et je me commande ses oeuvres …

Alors malgré le coût élevé de ce livre, laissez-vous tenter par ce nuage d’obsidienne. Les romans sont dispendieux chez Christian Bourgois éditeur, mais généralement, on y retrouve la qualité qui justifie le prix. Et quand vous l’aurez entre les mains, admirez la page couverture ! Magnifique … comme à l’intérieur !

« Mais je n’avais naturellement pas la moindre idée de ce qu’en tentant de résoudre les énigmes soulevées par Le Nuage d’obsidienne, je trouverais la réponse au grand mystère de ma propre existence. »

« Certains bibliothécaires semblaient assez pâles et détachés du monde pour n’être en réalité que les fantômes d’autres bibliothécaires venus se perdre dans ces coursives des siècles auparavant. »

Et, même si cela peut paraître « démoniaque », je ne mettrai pas de citation pour montrer la façon bien particulière dont les femmes de l’île d’Oluba font l’amour à leur homme. À vous de le découvrir … mais laissez-moi vous dire que les fortes cuisses et les jambes musclées des Olubiennes conviennent parfaitement au rite amoureux du « paratac » !

Bonne lecture !

Le nuage d’obsidienne

Eric McCormack

Christian Bourgois éditeur

2016

475 pages

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Commenter cet article

Opaline 04/10/2016 16:47

Bonjour,

Je viens de le commencer et c'est excellent! Il faut aussi lire L'épouse hollandaise de cet auteur, c'est très bon!

Richard 04/10/2016 19:13

Je suis toujours très heureux de voir, de lire, qu'une de mes recommandations est appréciée par des lecteurs exigeants et sélectifs comme toi. Merci pour ce retour !

Alex-Mot-à-Mots 14/08/2016 09:15

Ce fut une vraie déception pour moi.

Richard 14/08/2016 13:21

Ah oui ! Tu n'as pas accroché ?