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Publié par Sylvie

La vérité peut vous reconstruire, elle peut aussi vous détruire.

Tout n'est pas perdu

Étant une fervente lectrice de polars, j’aime tout autant me plonger dans un bon thriller psychologique. J’attendais avec impatience ce petit dernier... et je me suis bien délectée !

« Tout n’est pas perdu » nous transporte dans la petite ville cossue de Fairview au Connecticut. La scène inaugurale nous plonge au cœur d’une soirée organisée par les jeunes du lycée de la ville. Jenny Kramer, 15 ans, sera victime d’un viol odieux. Elle sera donc amenée à suivre un traitement post-traumatique pour rayer de sa mémoire toute trace de cette horrible agression. Rangeant et compartimentant ses souvenirs, le traitement n’arrivera pas à effacer les émotions reliées à cette agression, tapies au fond de sa psyché celles-ci erreront en elle, car seul son esprit a oublié.

Le psychiatre Alan Forrester entrera alors en scène, il recevra Jenny en consultation en s’insinuant séance après séance dans les méandres de son esprit. À tour de rôle, les membres de sa famille dont Charlotte sa mère, qui dès le départ était en faveur du traitement afin d’éviter à sa fille les abominables cauchemars récurrents de cette soirée. Tom, son père, de son côté s’y opposant, trop obsédé par sa traque du violeur, car sans mémoire, sans souvenirs, aucun indice possible sur le mystérieux agresseur. Graviteront autour d’eux, d’autres membres de cette communauté tissée serrée, dont un ancien combattant de l’Irak ayant reçu le même traitement que Jenny. Chacun connaît chacun dans cette petite ville où les secrets ne restent jamais bien longtemps enfouis. Nous connaîtrons chaque petit travers, chaque petit mystère des protagonistes jusqu’au plus profond de leur intimité.

Lentement, les masques vont tomber, l’intrigue accroître, jusqu’au dénouement inattendu et surprenant. Est-ce que le psychiatre réussira à raviver la mémoire de Jenny ? Est-ce que le coût en vaut la chandelle ?

Un huis clos comme je les aime. Un roman puissant à multiples tiroirs où se cachent de petites boîtes à secret que nous ouvrirons une par une. Un thriller psychologique certes, mais différent avec une enquête menée non par les forces de l’ordre, mais par le psychiatre. La réussite de ce roman siège dans la précision de sa construction, la psychologie et la profondeur de ses personnages mis en scène. On est surpris, parfois un peu chamboulé, dérouté par la complexité des mécanismes complexes de la psyché de chacun de ses personnages.

"Tout n’est pas perdu" est le premier roman de Wendy Walker traduit en français. Un film est en cours d’adaptation par la Warner Bros et l’équipe de production de « Gone Girl » de David Ficher, et ce avant même sa parution. En espérant que celui-ci sera à la hauteur du roman.

Et vous, si vous aviez l’opportunité, préféreriez-vous tout oublier ?

En attendant, n’hésitez pas et plongez... une bonne lecture de vacances.

Extraits ;

« Ce que je tiens à préciser pour le moment, au début de cette histoire, c’est que ça n’a pas été un miracle pour cette belle jeune fille. Ce qui avait été effacé de son esprit a continué de vivre dans son corps et dans son âme, et je me suis senti obligé de lui rendre ce qu’on lui avait pris ça peut paraître parfaitement étrange. Tellement insensé. Tellement perturbant. »

« Nous sommes tous fascinés par les incidents sordides, par la violence et l’horreur. Nous faisons semblant de ne pas l’être, mais c’est dans notre nature. L’ambulance au bord de la route, les voitures qui ralentissent pour apercevoir le corps d’une victime. Ça ne fait pas de nous des personnes mauvaises."

“Elle a pris une profonde respiration. Elle a refermé les yeux. Ses larmes ruisselaient, formant une petite flaque sur le cuir à côté de sa joue. Et quand elle a parlé, la façon dont elle a prononcé les mots et les émotions brutes qui se sont échappées de son corps et ont empli la pièce m’ont donné la sensation que non seulement je la comprenais, mais que j’étais elle ce soir-là.”

Tout n’est pas perdu.

Wendy Walker

Sonatine

2016

340 pages.

Chronique écrite par Sylvie Langlois, collaboratrice à Polar, noir et blanc

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