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Publié par Richard

Quand j'étais Théodore Seaborn

J’aime beaucoup les personnages récurrents, suivre leur évolution et les retrouver dans de nouvelles aventures et de nouveaux récits. Mais j’aime bien aussi qu’un auteur, de temps en temps, ose sortir de « ses sentiers battus » et me surprenne par quelque chose d’inventif, de nouveau et même d’inattendu. « Quand j’étais Théodore Seaborn » fait partie de ces surprises qui offrent un bien bon moment de lecture, même si tout n’est pas parfait.

Voyons donc ce qui ressort de ce roman,

Théodore Seaborn est un publicitaire de talent, de très grand talent. Quand un jour, il devient moins à la mode, ses idées ne passent plus auprès d’un certain client, son patron le jette à la porte. Cette descente du piédestal est terrible ; plus on est haut, plus la chute fait mal ! C’est la dépression ! Théodore passe tout son temps à regarder les auditions de la Commission Charbonneau et à manger des Coffee Crisp. Sa femme essaie tant bien que mal de le pousser à agir, sa fille lui manifeste toujours son amour inconditionnel, rien n’y fait. Théodore est plongé dans son état dépressif et aucun moyen ne semble fonctionner pour qu’il se relève.

Puis, un matin, se rendant compte que la source de sa drogue préférée était tarie, il se rend voir son « pusher de chocolat », au dépanneur du coin de la rue, avant de souffrir d’une crise de manque,

Il fait alors une rencontre qui va changer sa vie : il croise par hasard une personne qui lui ressemble comme deux gouttes … de chocolat chaud. S’amorce alors une recherche obsédante sur ce sosie, une recherche qui mènera Théodore dans une vie qui n’est pas la sienne, une vie empruntée qui le projettera dans l’enfer du Jihad islamiste en Syrie.

Amis lecteurs, il faut accepter dès le départ que cette situation est un peu tirée par les cheveux, Ma première réaction, mon premier ressenti en a été un de frustration. Non, la coïncidence est trop grosse, ça manque de crédibilité, on repassera pour la vraisemblance ! Mais ensuite, dans un deuxième temps, je me suis dit qu’un auteur pouvait se donner le droit de jouer avec la plausibilité, de la torturer un peu. Et j’ai refusé de bouder mon plaisir pour continuer ma lecture.

J’ai eu de l’intérêt et beaucoup de plaisir à voir ce personnage ordinaire, placé dans une situation de « super héros », se dépêtrer avec ses propres moyens. Bien sûr, il y a eu certains moments où la « force de caractère » de Théodore était sur-vitaminée par rapport au mangeur de Coffee Crisp du début mais plus j’avançais dans le roman et plus j’aimais le récit !

Pour vous le dire franchement, j’ai continué ma lecture parce que l’auteur était Martin Michaud. Aurais-je donné la même chance à un auteur à son premier roman ? Je ne le sais pas. Mais je n’ai pas regretté ma décision. Quoi que l’on dise sur le récit, il demeure que le style et le talent de Martin Michaud sont toujours présents. Des chapitres courts, des rebondissements, une intrigue haletante et une montée en tension digne d’un très bon thriller. Bref, comme toujours avec le père de Victor Lessard, on ne s’ennuie pas et on passe un bon moment de lecture.

Et petit plaisir coupable, j’ai adoré les deux dernières pages, intitulées « Quand j’étais Martin Michaud ». J’aime ces petits moments de folie où l’auteur devient complice avec ses personnages … et ses lecteurs !

Si vous cherchez des citations de ce roman, vous serez déçus. Comme Théodore Seaborn m’accompagnait sur la playa Ensenachos de Cuba, je n’ai pas pris le temps (vacances obligent !) de souligner les passages les plus significatifs. Lecteur, excuse-moi ; auteur pardonne-moi ! On se reprend au prochain ! Promis ! (Je ne veux surtout pas que Jacinthe Taillon ma fasse la peau !)

Bonne lecture !

Quand j’étais Théodore Seaborn

Martin Michaud

Les éditions Goélette

2015

422 pages

Une rencontre avec Morgane Marvier, à la librairie Monet

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