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Publié par Sylvie

"Sous l'emprise des ombres" de Jonh Connolly

Voici une première chronique de Sylvie Langlois, lectrice de polars et fidèle abonnée de Polar, noir et blanc. Elle rejoint donc Florence Meney et moi-même, pour nous offrir encore plus de diversité et de choix de lectures.

Sous l’emprise des ombres de John Connolly

Il y a des rencontres qui parfois vous ravissent, vous enchantent, vous vous demandez, mais comment j’ai pu passer à côté et le louper. Ce fût le cas avec John Connolly auteur irlandais qui pourtant n’en est pas à son premier roman. Quelle découverte! Un grand conteur à la limite du surnaturel, une prose efficace qui vous transporte dans ses contrées mythiques avec un zeste de fantastique, de l’occulte, de mystérieux rites, un sacrifice humain et un peu d’humour, noire bien sûr.

On y suit Charlie Parker, (et non son homonyme, le saxophoniste de jazz) détective de Portland, petite ville du Maine qui doit s’occuper d’une nouvelle investigation, retrouver la fille junkie d’un sans-abri qu’il a connu par le passé. Ce dernier s’étant suicidé juste avant de prendre contact avec Parker, pourtant il avait réussi à ramasser une petite somme d’argent dans le but de payer le privé pour retrouver celle-ci. Alors pourquoi se serait-il suicidé? Aidé de ses deux hommes de main, Angel et Louis, (dont les dialogues sont parfois savoureux) et plus tard du mystérieux collectionneur, il part sur les traces d’Annie Broyer, qui fût aperçue la dernière fois à l’abord de la petite ville de Prosperous.

C’est ici que les pièces sont placées sur l’échiquier de Prosperous. Car Prosperous bien qu’étant une ville est aussi une entité à part entière, en fait elle y siège comme personnage dans le roman. Son aura de mystère plane sur toutes les bourgades qui l’entourent, avec son église de pierre du VX siècle, où y vivent des habitants adorateurs d’un dieu païen prêt à tout pour cacher leur funeste cérémonie.

Charlie Parker débarque donc dans cette ville imprégnée d’une autre époque où personne ne semble avoir aperçu la jeune fille. Ni vu, ni connu, chacun demeure muet. Pourtant quelques témoins rencontrés dans la ville voisine de Bangor affirment qu’elle y avait trouvé un travail auprès de deux personnes âgées. Il aura d’ailleurs maille à partir avec le chef de la police Lucas Morland, flic typique des bourgades du Maine véhiculant encore d’ailleurs au volant d’une Crown Vic banalisée.

L’auteur sait mettre en scène des personnages authentiques, colorés, mais aussi tout en divergence. Hayley Conyer femme de fer qui siège au conseil de la ville, totalement asexuée au look de vieille hippie avec sa longue tignasse grise, dont la jupe à fleurs dissimule une dureté implacable. Elle aime sa ville, la chérit et est prête à tout pour la protéger.Michael Warraner, le soi-disant pasteur qui vit dans la forêt tout près de l’église. Harry et Erin Dixon, victimes collatérales de cette sinistre confrérie, le clan du conseil dont les soirées de poker sont un prétexte à des réunions informelles. Un loup, symbole légendaire rôde parmi eux .Charlie Parker est en danger, sa peau est mise à prix.

Au-delà de cette fiction, l’auteur nous dépeint la dure réalité du monde des sans-abri. Cet univers dans lequel gravitent des êtres brisés, usés, souffrants que seules la noirceur et l’obscurité peuvent apaiser, et dont parfois, une longue nuit sans réveil serait bienfaitrice.

J’ai vraiment aimé l’univers inquiétant, mais tout en poésie de ce roman. Il m’a donné envie d’approfondir le terroir de cet écrivain.

Une bonne histoire, un bon conteur, je n’en demande pas plus.... à découvrir ou à redécouvrir!

Extrait :

``Sans –abri, c’est un boulot à plein temps. Pauvre, c`est un boulot à plein temps. Voilà ce que ne comprennent pas les types qui déblatère sur les défavorisés et affirment qu’ils n’ont qu’a se trouver du boulot.

``Il y avait quelque chose de louche à Prosperous. Il l’avait senti des le premier jour. Vivre dans la rue l’avait rendu réceptif aux gens qui avaient en eux la graine du mal. A Prosperus, une de ces graines avait germé. ``

``L’espace d’un instant, les deux bêtes, le prédateur et la proie, furent réunis par la peur``

``Vous parlez de cette ville comme s’il s’agissait d’un organisme vivant. Et tout comme une méduse Prosperus traîne de longs tentacules ``

``Les deux cafés étaient petits et la pharmacie avait l’air assez ancienne pour prescrire des saignées à base de sangsues.``

Sous l’emprise des ombres

John Connolly

Sang d’encre

460 pages

Chronique écrite par Sylvie Langlois

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Commenter cet article

titi 23/10/2015 12:11

Je suis aussi fan de cet auteur. J'aime beaucoup ses ouvrages.

Richard 23/10/2015 13:24

Moi aussi ! J'adore ces mondes étranges ...

pacloue 17/10/2015 20:37

Je suis fan de john Connolly merci de ce post!!

Richard 17/10/2015 22:59

J'avais beaucoup aimé ! Merci pour votre commentaire !

Sylvy 03/09/2015 16:26

Sûrement quelques uns....

Alex-Mot-à-Mots 26/08/2015 18:10

Vas-tu maintenant lire tous ses précédents romans ? Ils sont nombreux.....