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Publié par Richard

Dernier meurtre avant la fin du monde

Une chronique de Florence

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais, souvent, la lecture des polars me laisse en mal d’un petit quelque chose de plus, d’une incursion peut-être dans la liberté des univers du surnaturel ou de la science-fiction, ces mondes éclatés des héros de l’enfance. Inversement, les auteurs d’anticipation, de science-fiction et surtout d’horreur (ex : Stephen King), me lassent assez vite, parce que leur histoire souvent m’enferme dans les filets d’une histoire dont je ne parviens pas vraiment à accepter les prémisses souvent tirées par les cheveux ou parce que je renâcle devant des fins trop cruelles pour mon âme sensible.

Avec Dernier meurtre avant la fin du monde, le journaliste et écrivain américain Ben H. Winters parvient à offrir une solide intrigue policière sur fond d’apocalypse qui ne nous lâche pas, y compris quand la dernière page du livre est refermée. L’ouvrage se présente a priori comme un roman de détective classique, avec son enquêteur Palace, un jeune homme têtu, mais très attachant. Pourtant, tout de suite, le roman prend une tangente inattendue, transformé par une réflexion sous-jacente : quelle est, au fond, la véritable valeur d’une vie humaine?

Car le monde dans lequel Palace tente contre vents et marées de faire son métier d’inspecteur vit ses dernières semaines, ses derniers mois. Chacun pense à la mort qui va bientôt frapper. L’humanité entière, la Terre et ses créatures, seront bientôt pulvérisées par un astéroïde géant. Dans ce contexte, à quoi bon s’entêter à élucider une affaire foireuse, pour un quidam sans attaches ou presque?

La force du livre est justement de parsemer une histoire simple, mais efficace d’une foule de réflexions sur le monde, sur la condition humaine, sur la consommation, l’amour, la violence, l’altruisme. A travers cela, la grande humanité du héros se détache comme un nuage blanc dans un ciel d’orage, lui qui avance vers son destin à travers cette société post-moderne déshumanisée à la dérive, et aussi le regard tendre, magnanime, que l’auteur, à travers Palace, pose sur les pauvres humains, ces créatures égoïstes et imparfaites, mais membres d’une race qui, au final, mérite peut-être d’être sauvés.

Très réussi.

Résumé de l’histoire (source : éditeur) :

À quoi bon tenter de résoudre un meurtre quand tout le monde va mourir ?

Concord, New Hamsphire. Hank Palace est ce qu’on appelle un flic obstiné. Confronté à une banale affaire de suicide, il refuse de s’en tenir à l’évidence et, certain qu’il a affaire à un meurtre, poursuit inlassablement son enquête.

Hank sait pourtant qu’elle n’a pas grand intérêt puisque, dans six mois il sera mort. Comme tous les habitants de Concord. Et comme tout le monde aux États-Unis et sur Terre.

Dans six mois en effet, notre planète aura cessé d’exister, percutée de plein fouet par 2011GV1, un astéroïde de six kilomètres de long qui la réduira en cendres. Aussi chacun, désormais, se prépare-t-il au pire à sa façon.

Florence Meney

Collaboratrice

Dernier meurtre avant la fin du monde

Ben H. Winters

Super 8 Éditions

2015

288 pages

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