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Publié par Richard

La loi sauvage de Nathalie Kuperman

Dès le début de l'été, j'ai eu la chance de participer aux "Explorateurs de la rentrée" du site "Les lecteurs.com". Comme 49 autres participants, j'ai donc lu quatre romans qui sortiront (ou sont déjà sortis, cet automne et j'ai le plaisir de vous faire connaitre mon opinion sur chacun d'eux.

Avant de commencer, j'aimerais remercier Karine Papillaud, chroniqueure littéraire, qui m'a supporté et conseillé durant toute cette expérience. Merci Karine !

Bonne rentrée !

« La loi sauvage » est un roman dérangeant qui ne laissera personne indifférent. D’une construction très éclatée et d’un imaginaire déjanté, on en sort, en se demandant si on a vraiment aimé et même si on a vraiment tout compris. Nathalie Kuperman a réussi à me déstabiliser comme lecteur et aussi, à me maintenir sur le qui-vive, jusqu’à la dernière page.

J’ai aimé ? Je ne le sais pas.

J’ai eu du plaisir à le lire ? Oui, très souvent.

Je le recommanderais ? Oui, mais pas à tout le monde.

Alors débutons par l’histoire.

Comme à chaque matin, maman reconduit sa fille à l’école. Elle rencontre la maitresse qui lui dit, tout de go, sans ménagement : « Votre fille, c’est une catastrophe. »

Dans l’esprit fragile de Sophie, cette phrase réveille de vieux démons qui hantaient silencieusement son esprit. Et des nouveaux qui profitent des circonstances pour squatter sa conscience : son rôle de mère, la fadeur de son travail, sa vie amoureuse et son enfance troublée. Cette phrase, jetée comme une insulte, comme un jugement sans appel, cette phrase bouleverse tous les aspects de sa vie. Et la pousse vers des réflexions, parfois saugrenues, souvent intenses et toujours remplies de culpabilité et de remords.

S’amorce alors un dialogue intérieur prenant forme autour de trois époques, ou plutôt trois éléments importants de la vie de Sophie : son rôle de mère et ses relations avec l’école (ces chapitres portent le tire de « La Maîtresse ») ; sa vie professionnelle et sa relation avec les objets et son rapport à la cuisine (ces chapitres portent le titre de « Mode d’emploi ») et enfin, son enfance et sa propre vie d’enfant rejetée à l’école (Sous le titre de « Sauvagerie »).

En ce qui me concerne, les chapitres sur « La Maîtresse » et sur la « Sauvagerie » m’ont beaucoup ému. Ce rappel de l’enfance de la mère donnait une charge émotive grandissante au développement de l’histoire avec la maîtresse d’école et plus tard avec la directrice. Cependant, j’ai parfois eu tendance à décrocher dans les chapitres traitant du mode d’emploi. J’ai tenté d’interpréter symboliquement ces longues digressions sur la cuisson d’un agneau au four, lui donnant la valeur de l’animal sacrifié pour expier les péchés du monde. J’ai parfois eu tendance à m’ennuyer un peu. Même la finale n’a pas réussi à racheter mon déplaisir.

Vous comprendrez donc mes hésitations à fournir une notre très satisfaisante à ce roman et à le recommander sans conditions. On y prend un certain plaisir mais à la longue, même si les légumes d’accompagnement étaient excellents, que le vin coulait à flots, même si le dessert clôturait de façon grandiose le repas, il aurait quand même fallu faire cuire l’agneau !

Bonne lecture !

La loi sauvage

Nathalie Kuperman

Gallimard

2014

208 pages

Commenter cet article

Roussel 08/06/2015 13:09

je viens de terminer ce roman et je suis troublée par votre critique, car je n'enlèverais ni ne rajouterais un seul mot ! Tout ce que j'ai ressenti et pense est sous votre plume !!

Richard 08/06/2015 13:52

Merci pour ce commentaire ! Il me fait tellement plaisir ... Des mots comme celui-là, sont le salaire du blogueur ! Merci mille fois !