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Publié par Richard

Crimes à la librairie: une chronique de Michel Dufour

Il y a 5 ans, je faisais mes premières armes sur la blogosphère, ne sachant pas trop ce que c'était et où ça m'amènerait ! 516 chroniques plus tard, j'ai l'immense joie de vous présenter une recension du recueil que j'ai dirigé.

Je vous présente donc une chronique écrite par un collègue, Michel Dufour, blogueur de chez-nous sur un site franco-québécois et qui a eu la grande générosité de me permettre la publication de sa chronique de "Crimes à la librairie" sur mon blogue.

Je le remercie amicalement !

J'insère le lien vers son blogue au bas de cet article.

Bonne lecture !

Date de publication originale : 2014 (Druide)
Genres : Enquête, suspense
Personnages principaux : M Graham, B Sioui,
F Pagliaro

C’est un très grand coup que vient de réaliser Richard Migneault, éducateur par profession, blogueur par passion (Polar, noir et blanc) : réunir et convaincre seize des meilleurs auteurs de romans policiers québécois d’écrire une nouvelle sur le thème d’un crime commis dans une librairie. Chaque nouvelle est suivie d’une courte biobibliographie de l’auteur, rédigée par Migneault. Coup de chapeau également aux éditions Druide pour avoir endossé ce projet.

Belle occasion pour le lecteur de découvrir rapidement un écrivain moins connu ou de voir un de ses auteurs préférés se permettre une petite digression. On retrouve ainsi l’angoissant Senécal, le ludique Michaud qui aime jouer au chat et à la souris avec son lecteur, l’impitoyable Bolduc qui tourne son fer dans les plaies de l’histoire, Bouthillette le sophistiqué, l’étonnant Côté engagé dans un combat peu habituel, André Jacques au style explosif, Brouillet ou Graham, on ne sait plus, l’audacieux Meunier qui met Norbert Spehner[1] dans de beaux draps, Seymour qui, en passant, livre un bel hommage au libraire Henri Tranquille[2] , Ste-Marie dont le sergent-détective Pagliaro lit Les Données immédiates de la conscience de Bergson. D’autres écrivent plus rarement, ou pour des publics différents (littérature jeunesse..), ou surtout des nouvelles; je les connais moins et j’ai eu de belles surprises : Geneviève Lefebvre avait obtenu le prix Coup de cœur, l’an passé, à Saint-Pacôme (La vie comme avec toi); surprenant de la voir plonger en plein règlement de comptes mafieux; Bouchard écrit beaucoup, mais pas nécessairement pour les polarophiles; dans sa nouvelle, il s’amuse avec élégance et efficacité. J’ai apprécié, l’an passé, un roman psychosociologique de Meney (Rivages hostiles); sa nouvelle policière, fort bien écrite, constitue une sorte de puzzle littéraire pour initiés ludiques. Enfin, trois nouvelles de qualité d’auteurs que je ne connaissais pas : le drôle et habile Soulières, (qui écrit habituellement des polars pour la jeunesse); l’intrigante Latulippe, si naïve jusque dans son nom, si perverse pourtant; et, enfin, comme elle se définit elle-même, « auteure de roman fantastique noir horrifique à saveur québécoise », une Ariane Gélinas qui pourrait finir par dépasser Senécal sur sa gauche.

Je suis bien conscient que le paragraphe précédent est assez fastidieux. J’ai voulu dégager quelques pistes susceptibles de vous intéresser. En général, le genre ‘nouvelles’ ne m’attire pas beaucoup, sauf les Conan Doyle et les Poe. Autrement, pas plus les Agatha Christie que les Maupassant. Dans ce cas-ci, l’événement était important à souligner; de plus, cependant, j’avoue que je me suis laissé prendre au jeu. C’est certain que, en 20 pages, un auteur n’a pas le temps de prendre son envol. N’empêche que d’habiles écrivains peuvent produire dans un petit texte une grande émotion. Comme une miniature aux échecs; ou une aquarelle; ou un bonsaï. D’autant plus que les briques de 700 pages me séduisent rarement. Dans les cas qui nous occupent ici, je n’ai pas eu le temps de m’ennuyer. C’est vrai que Migneault avait convoqué de très bons écrivains.
Pour des raisons fort diverses et sans souci d’objectivité, mes nouvelles préférées ont été : Latulippe, Le libraire et l’enfant; Michaud, Une longue vie tranquille; Soulières, Un cadavre au Crépuscule; Meunier, L’homme qui détestait les livres; et Bouchard, Rouge tranchant.

[1] Norbert Spehner est au Québec La référence en matière de polars. Il prépare actuellement une sorte d’encyclopédie qui fera du bruit.
[2] Qui a stimulé avec passion et orienté avec précision bien de jeunes lecteurs dans les années 60.

Commenter cet article

Didi 11/05/2014 18:20

Waou :-) félicitations Richard pour ce recueil de nouvelles ! Je vais regardé de plus près les rayons de mes librairies. Quelle aventure !
Bises et bonne fin de dimanche

Richard 11/05/2014 19:20

Merci Didi !
En espérant que ça vous plaise !
Bonne lecture !

MdL 30/04/2014 20:22

Belle critique, argumentée et qui donne envie. Et quel chemin parcouru en cinq ans! Félicitations, et bravo.

Richard 30/04/2014 21:35

Au nom de Michel Dufour, je vous remercie !
Et merci de me suivre.
Bonne lecture !

Éliane 30/04/2014 19:26

Eh bien moi, j'adore les recueils de nouvelles, et celui-ci m'a comblée. Quelques maillons plus faibles dans la chaîne, mais dans l'ensemble, de bonnes histoires à partir du thème imposé et de bons punchs. La difficulté de la nouvelle était bien sûr de se ramasser dans un temps très court et de réussir à y créer une ambiance, un suspense… pas facile!

Ma préférée, Geneviève Lefebvre, cette fille écrit comme j'aime, y a rien à faire. Et puis Michaud, Latulippe, Senéchal, Meunier, Bolduc, Bouthillette… même pas dans l'ordre, et même pas exhaustif!

Merci Richard, pour la belle initiative!

Richard 30/04/2014 21:34

Merci Éliane, chère amie de l'est !
Quel plaisir de voir notre travail et celui de nos amis auteurs reconnus par des lecteurs et lectrices comme toi !
Merci et à bientôt !